Les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis mai 2022, sont sortis mardi de la prison d'Evin à Téhéran et se trouvent désormais à la résidence de l'ambassadeur de France. Cette libération conditionnelle marque une première étape vers leur retour en France, a annoncé Emmanuel Macron. Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a salué leur bonne santé et promis de poursuivre les efforts diplomatiques.
Cécile Kohler, professeure de lettres de 41 ans, et Jacques Paris, enseignant retraité de 72 ans, ont été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d'un voyage touristique en Iran où ils venaient rencontrer des syndicalistes. Accusés d'espionnage au profit des services français et israéliens, ils ont été incarcérés dans la section 209 de la prison d'Evin, réservée aux prisonniers politiques, avant un transfert en juin lors de la guerre des douze jours entre Israël et l'Iran. Condamnés mi-octobre 2025 à respectivement 20 et 17 ans de prison, ils étaient les deux derniers Français officiellement détenus en Iran.
Le 4 novembre 2025, Emmanuel Macron a annoncé sur X leur sortie de prison : « Ils sont sortis de la prison d’Evin et sont en route pour l’Ambassade de France à Téhéran. » Il s'est félicité de cette « première étape » et a exprimé son « soulagement immense », ajoutant : « Le dialogue se poursuit pour permettre leur retour en France le plus rapidement possible. » Les deux enseignants sont désormais « en sécurité » à la résidence de l'ambassadeur dans le sud de Téhéran, a précisé Jean-Noël Barrot, qui a indiqué avoir échangé avec leur famille et dépêché une équipe sur place. Interrogé sur France 2, le ministre a affirmé qu'ils « vont bien, qu’ils sont soulagés et en bonne santé physique et morale » après ce « calvaire », mais a esquivé toute date de retour, soulignant que « nous n’allons pas relâcher nos efforts pour obtenir leur libération définitive ».
La diplomatie iranienne a confirmé une « liberté conditionnelle » et une libération « sous caution », avec surveillance jusqu'à la prochaine étape judiciaire, selon le porte-parole Esmaïl Baghaï. Les parents de Cécile Kohler ont exprimé un « immense soulagement », notant qu'ils sont « déjà dans un petit bout de France ». Les avocats ont salué un « jour nouveau » après 1277 jours de « détention arbitraire », promettant de veiller à ce que « justice puisse être rendue ».
Cette étape intervient dans un contexte d'échanges de prisonniers potentiels, Téhéran ayant évoqué en septembre la libération en échange de Mahdieh Esfandiari, une Iranienne arrêtée en France. Moins d'un mois après la libération de Lennart Monterlos, un Franco-Allemand de 19 ans, elle a suscité l'unanimité politique en France. À l'Assemblée nationale, les députés ont applaudi ; Marine Le Pen a remercié les services de l'État, Yaël Braun-Pivet a évoqué une « émotion » après trois ans et demi, et Jean-Luc Mélenchon s'est réjoui d'un simple « Enfin ! ». La France avait dénoncé des conditions de détention « inhumaines » relevant de la « torture », saisissant la Cour internationale de justice.