La Russie a annoncé avoir fait une proposition à la France concernant le chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné depuis juin 2024 et risquant 20 ans de prison pour espionnage. Le président Emmanuel Macron est pleinement mobilisé pour obtenir sa libération rapide, tandis que sa famille espère un retour pour les fêtes. Le Kremlin indique que la balle est désormais dans le camp de Paris.
Laurent Vinatier, chercheur français de 49 ans spécialiste de l'espace post-soviétique, a été arrêté le 6 juin 2024 à Moscou. Employé par le Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG suisse axée sur la médiation dans des conflits comme celui en Ukraine, il a été condamné en octobre 2024 à trois ans de prison pour ne pas s'être enregistré comme «agent de l'étranger» après avoir collecté des informations militaires. Il a reconnu les faits mais plaidé l'ignorance. Désormais accusé d'espionnage, il risque 20 ans d'incarcération, avec un possible nouveau procès fin février 2026.
Le 25 décembre 2025, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a révélé qu'une «proposition» avait été faite à la France concernant Vinatier. «Il y a eu des contacts appropriés entre notre partie et les Français. En effet, une proposition a été faite aux Français concernant Vinatier», a-t-il déclaré, ajoutant : «La balle est dans le camp de la France maintenant». Lors de sa conférence de presse annuelle, Vladimir Poutine a affirmé ne rien savoir de l'affaire mais promis de s'informer et de faire tout son possible si la loi russe le permet.
Côté français, l'entourage d'Emmanuel Macron a indiqué que le président «suit avec la plus grande attention la situation» et «demeure pleinement mobilisé pour obtenir sa libération le plus rapidement possible, avec l’appui des services de l’État». Le ministère des Affaires étrangères a précisé que «l’ensemble des services de l’État [...] sont pleinement mobilisés» et que le consulat à Moscou rend visite à Vinatier aussi souvent que les autorités pénitentiaires le permettent.
Son avocat, Me Frédéric Belot, représente aussi les parents de Vinatier. «Nous sommes pleins d’espoir, mais c’est un espoir prudent», a-t-il confié au Figaro. La famille espère une libération pour le Noël orthodoxe le 7 janvier, avec confiance en la diplomatie française. Paris accuse la Russie de retenir des Occidentaux en otage, sur fond de tensions liées à la guerre en Ukraine.