Le Congrès chilien a approuvé un projet de loi interdisant les téléphones portables en classe pour imposer l’ordre. Cependant, un expert en éducation numérique critique cette mesure pour promouvoir une faible littératie technologique et creuser les inégalités. L’auteur argue que la vraie solution est l’éducation, non la confiscation.
Le Congrès chilien a récemment approuvé un projet de loi interdisant les téléphones portables en classe, visant à restaurer l’ordre dans les environnements éducatifs. Cette mesure a suscité des discussions, notamment dans une lettre à l’éditeur dans La Tercera par Jaime Carvajal Medina, directeur des Environnements d’apprentissage virtuels à l’UNIACC.
Carvajal Medina argue que, bien que la loi vise à imposer la discipline, elle promeut en réalité une « pauvre éducation numérique ». Il conteste l’idée qu’un interdit éliminera les écrans de la vie des élèves, ce qui est erroné, à l’image de « penser que fermer la cuisine élimine le sucre : le problème persiste, sans enseigner à quiconque comment le gérer ».
L’expert souligne que, pour de nombreux élèves, le téléphone portable est « leur seul moyen de communication et d’accès à l’information ». L’enlever sans contexte approprié, dit-il, « creuse les inégalités et prive les jeunes d’outils pour un monde qui ne s’arrête pas par décret ». Au lieu de confisquer les appareils, Carvajal Medina insiste que « le défi n’est pas de confisquer, mais d’éduquer. Tout autre chose est une illusion ».
Cette opinion met en lumière le conflit entre le contrôle disciplinaire et la préparation à l’ère numérique dans le système éducatif chilien, où l’accès équitable à la technologie reste un défi majeur.