La Banque centrale d’Égypte a annoncé que les transferts de fonds des Égyptiens travaillant à l’étranger ont atteint des niveaux sans précédent d’environ 33,9 milliards de dollars lors des dix premiers mois de 2025, contre environ 23,7 milliards de dollars pour la même période l’année dernière. Sur une base mensuelle, les transferts ont progressé de 26,2 % sur un an en octobre, à environ 3,7 milliards de dollars.
Le Premier ministre Mostafa Madbouly a exprimé la gratitude de l’État pour le rôle national vital des Égyptiens à l’étranger, notant que les transferts de fonds constituent l’une des principales sources de devises étrangères de l’Égypte, particulièrement dans un contexte de pressions économiques liées aux crises régionales et mondiales. Il a attribué cette performance aux mesures de réforme monétaire et économique mises en œuvre par la Banque centrale en coordination avec le gouvernement, incluant un régime de taux de change flexible et le programme global de réforme économique.
Le Centre médias du Cabinet a indiqué que cette croissance record des transferts reflète la politique monétaire prudente de la Banque centrale, qui a stabilisé le taux de change, restauré la confiance économique et renforcé les réserves internationales nettes, améliorant ainsi la capacité de l’État à faire face aux chocs externes. Il a relevé la tendance haussière à long terme, les entrées ayant plus que doublé sur la dernière décennie pour atteindre 36,5 milliards de dollars en exercice 2024/2025 contre 17,1 milliards en 2015. Le Fonds monétaire international a confirmé que cette récente flambée témoigne d’une confiance croissante dans les réformes mises en place depuis mars 2024.
L’expert bancaire éminent Mohamed Abdel Aal a qualifié les transferts de fonds de « mine inépuisable de l’Égypte », soulignant qu’ils dépassent la valeur des avoirs en or des réserves de devises du pays, soit environ 16,5 milliards de dollars pour l’or contre plus de 34 milliards de dollars pour les transferts annuels. Il a expliqué que l’or est un actif fixe sujet aux fluctuations des prix mondiaux, tandis que les transferts procurent un flux annuel renouvelable issu du capital humain égyptien à l’étranger, sans générer de dettes futures. Les entrées avaient baissé en 2022/2023 en raison de l’expansion du marché parallèle des changes, mais ont bondi de 84,4 % au premier trimestre 2025 par rapport à l’année précédente, atteignant 30,2 milliards de dollars en début d’année. Abdel Aal a appelé à une intégration plus profonde des expatriés via des fonds d’investissement libellés en dollars, des programmes d’entrepreneuriat, des assurances santé, des régimes de retraite et des incitations fiscales et douanières ciblées.