L’UE et la Chine rejoignent la coalition brésilienne pour un marché mondial du carbone

La Chine et l’Union européenne ont annoncé leur adhésion à la coalition lancée par le gouvernement brésilien pour créer un marché mondial du carbone, lors du Sommet des leaders à Belém. L’annonce a eu lieu à la veille de la COP30 et est considérée comme une étape stratégique pour réduire les émissions mondiales. Au total, huit pays plus le bloc européen participent à l’initiative.

L’annonce de l’adhésion de la Chine et de l’Union européenne à la coalition a été faite le vendredi (7), lors du Sommet des leaders à Belém, précédant la COP30, prévue pour commencer le lundi (10). La participation de l’UE a été confirmée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a souligné l’importance de la tarification du carbone. «La tarification du carbone est devenue un outil central pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, avec un solide argument économique pour l’économie et les populations», a-t-elle déclaré. «Nous voulons travailler étroitement avec le Brésil et de nombreux partenaires qui partagent cette vision.»

L’adhésion de la Chine a été confirmée par le président Lula à l’ouverture de la session sur les dix ans de l’Accord de Paris. Au total, huit pays plus l’UE ont rejoint, moins que les 22 initialement prévus par le Brésil : Brésil, Chine, Union européenne, Royaume-Uni, Canada, Chili, Allemagne, Mexique, Arménie, Zambie et France.

Le marché mondial du carbone vise à intégrer les systèmes existants pour standardiser les prix des émissions de gaz à effet de serre. Actuellement, 17 économies du G20 utilisent la tarification du carbone, l’UE, la Chine et l’Australie exploitant des systèmes de commerce d’émissions. Le Brésil a approuvé le sien, qui est maintenant en phase de réglementation. Dans ces marchés, les entreprises reçoivent des plafonds d’émissions ; si dépassés, elles achètent des quotas à celles qui ont émis moins. Le système de l’UE est le plus avancé, couvrant environ 10 000 installations.

La présence de la Chine —le plus grand émetteur mondial— et de l’UE —le quatrième plus grand, en combinant ses membres— est stratégique pour trois raisons : volumes d’émissions, protection contre le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’UE qui débutera en 2026, critiqué par les pays en développement, et poids politique face aux critiques, comme celles attendues de Donald Trump. La proposition brésilienne envisage des règles uniformes ou variables selon la taille de l’économie, avec des scénarios d’un minimum de 50 dollars américains par tonne ou de 25-75 dollars selon le développement, des exemptions pour les nations moins développées et une taxe de 75 dollars américains sur les biens des non-membres.

«À travers cette coalition, les pays créent un chemin pour décarboner leurs économies au coût le plus bas possible, potentiellement en permettant des investissements dans l’innovation technologique et l’adaptation climatique», a déclaré Rafael Dubeux, secrétaire exécutif adjoint du ministère des Finances. Le format exact sera encore défini, avec un engagement à la collaboration.

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