La campagne officielle des élections municipales de 2026 a débuté le 2 mars en France, avec plus de 50 000 listes et 900 000 candidats dans 34 944 communes. Malgré une parité imposée par la loi de 2025, plus de trois quarts des listes sont menées par des hommes. Les scrutins se tiendront les 15 et 22 mars.
Les élections municipales de 2026 marquent les premières à être entièrement paritaires dans toutes les communes françaises, à l'exception de la Polynésie, grâce à une réforme adoptée en 2025. Cette mesure impose une stricte alternance homme-femme sur les listes, y compris au second tour en cas de fusions. Cependant, une analyse des candidatures rendues publiques le 28 février par le ministère de l'Intérieur révèle que plus de trois quarts des listes sont dirigées par des hommes, suggérant que plus de deux tiers des maires élus seront des hommes.
Dans les petites communes de moins de 1 000 habitants, où la parité est nouvelle, seuls 37 % des conseillers municipaux actuels sont des femmes, contre près de 48 % dans les plus grandes communes où elle est en vigueur depuis 2014. Deux obstacles pratiques limitent l'équilibre : la tête de liste devient souvent maire, et les fusions au second tour peuvent perturber l'alternance.
Par ailleurs, les élections servent de tremplin à de nombreux collaborateurs parlementaires. À Amiens, Damien Toumi, assistant du député RN Jean-Philippe Tanguy, mène la liste RN ; Samy Olivier, collaborateur de Aurélien Le Coq (LFI), dirige la liste LFI ; et Frédéric Fauvet, ancien assistant du sénateur PS Rémi Cardon, porte une liste d'union de la gauche. À Grenoble, Allan Brunon, ex-collaborateur de Gabriel Amard (LFI), est tête de liste LFI. Le politiste Rémi Lefebvre note : « On devient collaborateur parce qu’on veut devenir élu. C’est un cursus bien établi, dans tout l’échiquier politique. » Plus d'une centaine de tels candidats existent au RN.
Au Rassemblement national, les listes montrent une absence d'implantation locale durable : près d'un élu sur trois a démissionné depuis 2020, avec des parachutages et renouvellements fréquents. En 2021, le maire de Moissac avait critiqué : « Depuis 2014, on a totalement négligé l’implantation locale. » Le Parlement a suspendu ses travaux jusqu'au 22 mars pour accommoder les candidats.