À Nanterre, bastion de gauche depuis 1935, quatre listes de gauche s'opposeront au premier tour des municipales le 15 mars. Les socialistes ont refusé de s'allier à la majorité sortante soutenue par les communistes et les écologistes, marquant une rupture inédite. Cette division survient dans un contexte de succession après le départ de l'ancien maire Patrick Jarry.
Nanterre, préfecture des Hauts-de-Seine et ville de 98 000 habitants, a été au cœur des émeutes urbaines de juin 2023 après la mort de Nahel. Traditionnellement un bastion rouge, la commune voit pour la première fois en soixante ans la gauche fragmentée pour les élections municipales.
Le maire sortant, Raphaël Adam (divers gauche, non encarté), qui a pris la suite de Patrick Jarry en octobre 2023 après vingt ans de mandat de ce dernier, dirige la liste d'union Choisir Nanterre. Initialement, des négociations avec le Parti socialiste (PS) semblaient prometteuses. Un protocole d'accord signé le 16 janvier prévoyait l'intégration d'une dizaine d'élus socialistes sur cette liste, ainsi que la répartition des délégations futures.
Cependant, tout a basculé début 2026 autour d'une question de siège à la Métropole du Grand Paris. Les élus socialistes, menés par l'adjointe Thérèse Ngimbous Batjôm, ont décidé de ne pas s'associer à cette majorité, soutenue par les communistes et les écologistes. Cette décision a entraîné des accusations de trahison et une remise en cause du modèle traditionnel de la gauche locale, dans un département dominé par la droite.