Les élus de la Nouvelle-Calédonie lancent un cri d'alarme face à l'épuisement rapide des fonds et à un endettement massif, suite aux violences de 2024 qui ont ravagé l'économie locale. Ils appellent à une solidarité nationale sous forme de subventions, critiquant les conditions restrictives du prêt garanti par l'État. Le report des élections provinciales n'a même pas été discuté lors de la dernière séance du congrès.
La Nouvelle-Calédonie traverse une crise économique profonde depuis les violences de 2024, qui ont fait chuter le produit intérieur brut de 13 %. L'archipel, historiquement autonome fiscalement, s'est lourdement endetté auprès de l'Agence française de développement avec un prêt garanti par l'État de 1 milliard d'euros. Ce financement a propulsé le taux d'endettement à 360 %, provoquant la colère quasi unanime des élus.
Lors de la dernière séance plénière du congrès, le 30 octobre, le report des élections provinciales – un sujet politique majeur – n'a pas fait l'objet d'une seule intervention. Depuis des mois, l'unique préoccupation des élus est de traquer les derniers subsides pour boucler l'année, alors que les fonds sont quasi épuisés. « On n’a plus un rond », résument-ils dans leur appel à la solidarité nationale.
Milakulo Tukumuli, élu de l'Éveil océanien, dénonce une « tutelle qui frôle l’infantilisation ». La convention signée entre la Nouvelle-Calédonie et le gouvernement national limite sévèrement les marges de manœuvre : pour toute dépense nouvelle, les élus doivent voter une recette supplémentaire ou supprimer une dépense lors de la même séance. Un exercice jugé intenable. Jeudi dernier, un texte visant à lisser certains tarifs douaniers a été retiré en urgence de l'ordre du jour, car il générait une dépense annuelle de 16 000 euros.
Les élus plaident pour des subventions plutôt que des prêts, afin de restaurer l'autonomie et de relancer l'économie mise à terre.