La cour suprême de New York a ordonné, le 3 avril, la restitution à Philippe Maestracci d'une toile de Modigliani spoliée à son grand-père par les nazis. L'œuvre, estimée à 21,5 millions d'euros, fait l'objet d'un combat judiciaire de 17 ans contre le collectionneur David Nahmad. Maestracci, âgé de 81 ans et résidant en Dordogne, exprime son émotion pour la mémoire de son aïeul.
Philippe Maestracci, 81 ans, a obtenu une victoire judiciaire après 17 ans de procédure devant les tribunaux new-yorkais. Le 3 avril, la cour suprême de New York a tranché en sa faveur, ordonnant la restitution de L’homme assis à la canne, une toile peinte par Amedeo Modigliani en 1919 représentant Georges Menier, fabricant de chocolat.
L'œuvre avait été spoliée à son grand-père, le galeriste juif Oscar Stettiner, sous l'Occupation par les nazis. Maestracci, ancien propriétaire agricole menant une vie modeste en Dordogne, s'est opposé à une équipe d'avocats américains représentant le collectionneur David Nahmad.
L'estimation de la peinture atteint 25 millions de dollars, soit 21,5 millions d'euros. « Après toutes ces années de procédure, ce que les Allemands ont fait à mon grand-père vient d’être réparé. Je suis surtout heureux pour lui et pour sa mémoire », a déclaré Maestracci, ému au téléphone.
Il ajoute que cette somme « n’est pas cela l’important » et qu'il souhaite que cela « ne change rien dans [s]a vie ». Cette décision marque la fin d'une longue quête pour réparer une spoliation datant de la Seconde Guerre mondiale.