Quatre ans de prison, dont trois avec sursis, ont été requis contre un infirmier libéral accusé d'escroquerie à l'Assurance maladie, causant un préjudice de 1,8 million d'euros. Le parquet de Châlons-en-Champagne demande également l'interdiction d'exercer et la confiscation de biens saisis. L'affaire porte sur des actes facturés sans réalisation effective.
Le 11 mars 2026, lors d'un procès à Châlons-en-Champagne, le parquet a requis quatre ans de prison, dont trois avec sursis, contre un infirmier libéral pour escroquerie à l'Assurance maladie. Le préjudice est estimé à 1,8 million d'euros, selon un communiqué du parquet.
La procureure Annick Browne a détaillé les faits reprochés : des actes facturés « alors qu’ils n’avaient pas été réalisés ou qu’ils l’avaient été dans des conditions ne justifiant pas les remboursements sollicités ou encore qu’ils avaient été réalisés par une remplaçante ». Parmi les irrégularités, l'infirmier et sa remplaçante auraient facturé plusieurs passages quotidiens au domicile de patients alors qu'un seul était effectué, ou se contentaient de laisser les médicaments dans les boîtes aux lettres. Des injections n'ont jamais été réalisées.
Un constat de commissaire de justice a révélé que l'infirmier effectuait jusqu'à 150 visites par jour, certaines durant une ou deux minutes seulement. Le ministère public qualifie cela de « système de soins fictifs ».
Le parquet requiert l'interdiction d'exercer l'activité d'infirmier avec exécution provisoire, l'indemnisation des parties civiles, et la confiscation de biens saisis, incluant une maison, des appartements, des sommes sur comptes bancaires et des créances d'assurance vie totalisant plus de 1,7 million d'euros. Cette mesure vise à réparer le préjudice subi par l'Assurance maladie.
Contre l'infirmière remplaçante, jugée comme complice, un an de prison avec sursis et 100 000 euros d'amende ont été demandés. La décision est mise en délibéré au 27 mai.