Le pape Léon XIV a effectué samedi sa première visite officielle à Monaco, la première d'un souverain pontife en près de 500 ans dans la principauté. Accueilli par le prince Albert II et la princesse Charlène, il a appelé à la justice sociale et à la redistribution des richesses depuis le balcon du palais princier. Il a fustigé les « abîmes entre pauvres et riches » et plaidé pour la paix et la défense de la vie.
Le pape Léon XIV est arrivé samedi matin à Monaco en hélicoptère depuis Rome, évitant un atterrissage en territoire français. Cette visite express de moins de neuf heures, dans l'État de moins de 2 km² comptant 39 000 habitants et 150 nationalités, marque une première historique depuis plus d'un demi-millénaire.
Accueilli au palais princier par le prince Albert II, la princesse Charlène et leurs enfants Jacques et Gabriella, le pape a prononcé un discours depuis le balcon face à plus de 5 000 personnes. S'exprimant en français, il a déclaré : « Le don de la petitesse, avec un héritage spirituel vivant, engage votre richesse au service du droit et de la justice, surtout à un moment historique où la démonstration de la force et la logique de la toute-puissance blessent le monde et compromettent la paix. »
Il a dénoncé « les configurations injustes du pouvoir, les structures de péché qui creusent des abîmes entre pauvres et riches, entre privilégiés et rejetés, entre amis et ennemis ». « Chaque talent, chaque opportunité, chaque bien mis entre nos mains a une destination universelle, un devoir intrinsèque de ne pas être retenu mais redistribué », a-t-il insisté, évoquant l'« amitié sociale » et l'« écologie intégrale ».
Monaco, microcosme économique et financier avec la foi catholique comme religion d'État, a été appelée à promouvoir la doctrine sociale de l'Église. Le prince Albert II a salué ce « lien unique » et partagé les combats pour la paix et l'écologie : « La paix ne peut être durable que si elle est fondée sur la justice. »
L'agenda incluait une rencontre à la cathédrale de l'Immaculée Conception, une visite à l'église Sainte-Dévote et une messe au stade Louis II pour 15 000 fidèles. Le pape, ancien missionnaire au Pérou, prolonge l'héritage social de François.