Les 211 détenus de la maison d'arrêt de Basse-Terre ont été transférés dimanche dans une nouvelle structure moderne au cœur de la capitale guadeloupéenne. Cette opération, menée avec un important dispositif sécuritaire, vise à améliorer les conditions d'hébergement et de travail. L'ancienne prison, vétuste, sera démolie pour une reconstruction d'ici 2028.
La maison d'arrêt de Basse-Terre, située dans un ancien couvent-hôpital du XVIIe siècle transformé en prison à la fin du XVIIIe, était tristement connue pour ses conditions de détention déplorables, sa surpopulation et la violence croissante qu'elle engendrait. En juillet 2016, Jean-Jacques Urvoas, alors ministre de la Justice, l'avait qualifiée de «bagne» lors de l'annonce de la construction d'une nouvelle structure.
L'opération de transfert, réalisée dimanche 16 novembre 2025, a mobilisé policiers, gendarmes, pompiers, membres du parquet et agents pénitentiaires de Guadeloupe et de Martinique. Le quartier a été bouclé pour assurer la sécurité. Les détenus ont été déplacés dans une «nouvelle structure moderne, dotée des dernières technologies en matière de sécurité», qui «permettra de meilleures conditions d’hébergement» pour les prisonniers «et de meilleures conditions de travail» pour les surveillants, selon la préfecture de la Guadeloupe.
En juillet dernier, les surveillants avaient organisé une opération «prison morte» par crainte des conditions futures. «Nous avons été entendus sur une partie du manque d'effectifs: l'équipe a été renforcée de six personnes, sur la grosse dizaine dont nous avons besoin», a déclaré Frantz Sapor, secrétaire local du syndicat Ufap-Unsa Justice, à l'AFP. Dans l'ancien établissement, jusqu'à 16 détenus partageaient un dortoir; la nouvelle structure, avec 100 places, prévoit deux par cellule malgré un effectif dépassant 200 individus.
La surpopulation carcérale est un problème récurrent en Guadeloupe, dénoncé par les syndicats et l'Observatoire international des prisons, touchant aussi le centre pénitentiaire de Baie-Mahault à 149% d'occupation. L'ancienne prison de Basse-Terre sera démolie et reconstruite pour offrir 300 places d'ici 2028, tandis que Baie-Mahault s'agrandit également.