Les Forces de soutien rapide ont capturé Mostariha dans le Nord-Darfour, bastion du chef tribal Musa Hilal allié à l’armée, faisant des dizaines de morts et des centaines de déplacés au milieu de tensions tribales croissantes.
Les Forces de soutien rapide ont attaqué Mostariha lundi, bastion de Musa Hilal, chef de la tribu Mahamid et dirigeant du Conseil révolutionnaire du réveil, allié à l’armée. L’assaut fait suite à des semaines de tensions croissantes entre Hilal et le commandant des RSF Mohamed Hamdan « Hemedti » Dagalo ainsi que son frère et adjoint Abdel Rahim. nnDes sources locales et militaires ont rapporté des dizaines de morts, dont le fils de Hilal Haidar, et des centaines de déplacés. Hilal a fui la ville et a réapparu mercredi lors d’une réunion de chefs mahamids dans le nord-ouest du Darfour, préparant la reprise de Mostariha selon une source mahamid. nnAnwar Ahmed Khater, chef de l’organisme de coordination mahamid, a déclaré à Mada Masr que des membres de la tribu Mahariya – à laquelle appartient la famille Dagalo – ont mené l’assaut aux côtés d’unités des RSF, le présentant comme un affrontement direct entre le clan Awlad Mansour des Mahariya et les Mahamid, deux branches de la tribu Rizeigat. nnLe Conseil révolutionnaire du réveil a indiqué que les RSF ont tué 28 personnes, dont des enfants, avec 167 disparus. Il a qualifié l’assaut de « génocide », en le comparant à une attaque des RSF en 2017. Les RSF ont déployé 265 véhicules de combat, soutenus par des drones, ont incendié des maisons, agressé des femmes et pillé des biens. nnMohamed al-Mahy, conseiller média de Hilal, a confirmé la sécurité de Hilal et averti de répercussions plus larges pouvant unifier les communautés locales contre les RSF. L’attaque est vue dans le contexte des craintes de Hemedti face aux menaces sur sa base de mobilisation parmi les tribus arabes du Darfour, risquant d’approfondir les divisions intra-arabes.