L’Arabie saoudite a ordonné aux Émirats arabes unis de retirer complètement ses forces du Yémen dans les 24 heures, considérant sa sécurité nationale comme une ligne rouge après une frappe militaire limitée sur du matériel lié à des envois d’armes non autorisés des Émirats arabes unis. Les Émirats arabes unis ont répondu en mettant fin volontairement à leur présence militaire restante, tandis que le chef du Conseil présidentiel de leadership du Yémen a annulé un accord de défense conjoint avec Abou Dhabi.
Dans une escalade diplomatique sans précédent, le ministère saoudien des Affaires étrangères a publié mardi 30 décembre 2025 un communiqué exigeant le retrait immédiat des forces des Émirats arabes unis du Yémen. Cela faisait suite à une opération militaire limitée menée par des avions de la coalition qui ont détruit du matériel déchargé au port d’Al-Mukalla, que Riyad a qualifié d’envois non autorisés d’armes et de véhicules de combat liés au Conseil de transition du Sud (STC).
Le porte-parole de la coalition, le général de brigade Turki al-Malki, a accusé deux navires émiratis d’être arrivés à Al-Mukalla les 27 et 28 décembre, en désactivant leurs systèmes de suivi pour décharger « de grandes quantités d’armes et de véhicules de combat » pour le STC, violant la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l’ONU. Le ministère saoudien a déclaré : « Le Royaume souligne que toute menace contre sa sécurité nationale constitue une ligne rouge, et le Royaume n’hésitera pas à prendre toutes les mesures nécessaires pour contrer et neutraliser une telle menace. »
Le ministère émirati des Affaires étrangères a rejeté catégoriquement les allégations, affirmant que l’envoi ne contenait pas d’armes et que les véhicules étaient destinés à ses propres forces, en coordination préalable avec Riyad. Le ministère émirati de la Défense a annoncé la fin volontaire de son personnel antiterroriste restant au Yémen, notant que sa principale présence militaire avait pris fin en 2019.
Le chef du Conseil présidentiel de leadership du Yémen, Rachad al-Alimi, a répondu en annulant l’accord de défense conjoint avec les Émirats arabes unis et en ordonnant à leurs forces de partir dans un délai d’une journée, déclarant un état d’urgence national de 90 jours et une interdiction de 72 heures de tous les ports sauf ceux autorisés par la coalition menée par l’Arabie saoudite. Al-Alimi a déclaré : « Le rôle des Émirats arabes unis s’est tourné contre le peuple yéménite. » Quatre membres du PLC ont rejeté ses décisions « unilatérales » dans une déclaration commune, avertissant que la diabolisation des Émirats arabes unis profiterait aux ennemis du Yémen.
L’Arabie saoudite a réaffirmé son soutien total au gouvernement d’Al-Alimi, reconnaissant la justesse de la cause méridionale mais insistant pour qu’elle soit résolue par le dialogue plutôt que par des actions militaires près de ses frontières. Les Émirats arabes unis ont appelé à la coordination et à la sagesse face aux menaces communes comme Al-Qaïda et les Houthis.