Le président français Emmanuel Macron est arrivé dimanche à Abou Dhabi pour une visite aux Émirats arabes unis, où il célèbre Noël avec les forces françaises déployées et discute du partenariat stratégique bilatéral. Accompagné de ministres clés, il cherche à renforcer la coopération contre le narcotrafic et à annoncer des avancées militaires. Cette tradition présidentielle met l'accent sur les crises régionales.
Emmanuel Macron a atterri à Abou Dhabi en fin de matinée locale le dimanche 21 décembre 2025, accompagné de la ministre des armées Catherine Vautrin, du ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot et du ministre de la justice Gérald Darmanin. Il a été accueilli avec chaleur par le président émirati cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane et son prince héritier au musée national Zayed, récemment inauguré.
Lors d'un entretien prévu, les deux leaders aborderont le renforcement du partenariat stratégique, notamment en sécurité et défense. Plus de 900 soldats français sont stationnés sur trois bases aux Émirats. Devant ces troupes, Macron a annoncé le lancement de la construction d'un nouveau porte-avions français, destiné à remplacer le Charles-de-Gaulle et à entrer en service en 2038. « Conformément aux deux dernières lois de programmation militaire, et après un examen complet et minutieux, j’ai décidé de doter la France d’un nouveau porte-avions », a-t-il déclaré.
Cette visite s'inscrit dans la tradition du président français de fêter les fêtes de fin d'année avec les troupes à l'étranger, les Émirats ayant été choisis en raison des crises qui cristallisent la région. La coopération franco-émiratie s'étend de l'intelligence artificielle à la culture et au commerce, les Émirats étant le premier client d'exportations françaises au Proche et Moyen-Orient.
Un objectif clé est d'obtenir le soutien des Émirats dans la « guerre » déclarée par la France au narcotrafic. Des narcotrafiquants français se seraient installés à Dubaï, accumulant des patrimoines immobiliers. Gérald Darmanin avait déjà demandé en novembre l'extradition d'une quinzaine de suspects. Ce sujet a pris de l'ampleur après l'assassinat en novembre de Mehdi Kessaci à Marseille, frère d'un militant anti-narcotrafic. Lors d'un discours à Marseille, Macron a évoqué la nécessité de coopérer avec les pays hébergeant les « têtes de réseau » pour saisir leurs biens et les arrêter.
Les soldats français aux Émirats contribuent à la lutte antinarcotiques, ayant saisi plus de 20 tonnes de drogue dans l'océan Indien en 2025, pour une valeur de plusieurs centaines de millions d'euros, selon le commandant de frégate Pascal Forissier. Ce dernier a reconnu que ces saisies ne représentent « qu’une petite partie » du trafic. Ils participent aussi à l'opération Aspides contre les frappes houthistes en mer Rouge et à l'opération Chammal contre l'État islamique. Lundi, Macron assistera à une démonstration militaire pour illustrer la capacité d'action autonome de la France dans un contexte international tendu.