Le président français Emmanuel Macron a critiqué lundi la méthode employée par les États-Unis pour capturer Nicolás Maduro, affirmant qu'elle n'est « ni soutenue ni approuvée » par la France. Initialement, il s'était félicité de la chute du dictateur sans évoquer l'intervention militaire. Cette volte-face intervient après des critiques vives de la classe politique française.
Le 3 janvier 2026, les forces spéciales américaines ont lancé l'opération « Absolut Resolve » à Caracas, capturant le président vénézuélien Nicolás Maduro sans pertes du côté américain. Cette intervention militaire, impliquant 150 avions, des drones et des troupes au sol, a suscité une onde de choc internationale.
Samedi, Emmanuel Macron a réagi sur X en se réjouissant de la fin de la « dictature Maduro » et en appelant à une transition « démocratique » au Venezuela, omettant toute mention de la méthode employée par Washington. Cette position a été vivement critiquée, notamment par la gauche française. « Il nous fait honte », a déclaré Jean-Luc Mélenchon (LFI), tandis qu'Olivier Faure (PS) a affirmé que « la France n’est pas un État vassal des USA ». L'ancien ministre Dominique de Villepin a fustigé une « soumission » à Trump, soulignant que ne pas réagir affaiblit la France dans d'autres négociations, comme sur l'Ukraine.
Lundi, lors du Conseil des ministres, Macron a corrigé le tir. « La méthode employée n’est ni soutenue ni approuvée par la France. Nous défendons le droit international et la liberté des peuples », a-t-il déclaré, selon la porte-parole Maud Bregeon. Il a qualifié Maduro de « dictateur » qui a « confisqué la liberté de son peuple et volé les élections de 2024 », et soutenu un rôle central pour Edmundo González Urrutia, vainqueur reconnu par Paris de l'élection contestée. Le ministre Jean-Noël Barrot avait déjà condamné l'opération comme contraire au droit international, en concertation avec l'Élysée.
Cette tergiversation met en lumière les tensions diplomatiques françaises face à l'agressivité de Donald Trump, rappelant le précédent de 1989 où François Mitterrand avait vetoé une condamnation ONU de l'invasion américaine au Panama. Le général Pierre de Villiers, ancien chef d'état-major, alerte sur les faiblesses militaires françaises, incapables de mener une telle opération. Marine Le Pen a profité du contraste pour défendre la souveraineté des États, « inviolable et sacrée ».
Les Européens, tétanisés, craignent une escalade, Trump réaffirmant ses visées sur le Groenland. La France appelle à respecter la souveraineté vénézuélienne dans la transition.