Après des réactions initiales mitigées des leaders d'extrême droite européens à l'opération des forces spéciales américaines capturant le président vénézuélien Nicolás Maduro le 3 janvier 2026, les leaders mainstream au sommet de Paris sur l'Ukraine ont évité de défier les politiques agressives du président Donald Trump, y compris les menaces renouvelées d'annexer le Groenland. Les experts mettent en garde que cette réticence, au milieu de la dépendance à l'OTAN, renforce les actions impérialistes des États-Unis, de la Russie et de la Chine.
Les dirigeants européens se sont réunis mardi à Paris pour renforcer le soutien à l'Ukraine face à l'invasion russe mais ont évité toute discussion ouverte sur la politique étrangère déstabilisante du président américain Donald Trump. Cela survient quelques jours après l'opération des forces spéciales américaines du 3 janvier à Caracas qui a capturé Maduro et sa femme, décrite par des sources comme un coup d'État externe, aux côtés des menaces de Trump d'interventions au Mexique, à Cuba et en Colombie. Le sommet a mis en lumière la dépendance de l'Europe à l'OTAN comme une vulnérabilité, faisant écho aux critiques historiques de Charles de Gaulle, en particulier avec l'intérêt renouvelé des États-Unis pour annexer le Groenland, un territoire danois. Mark Leonard, directeur du Conseil européen des relations étrangères, a noté : « Il y a un fossé massif entre les réactions publiques et privées des dirigeants européens. En privé, ils paniquent sur ce qui va se passer ensuite, surtout au Groenland... Mais publiquement sur le Venezuela, ils sont désespérés de ne rien dire de critique... à un moment de péril maximum pour l'Ukraine. » Nathalie Tocci, directrice de l'Institut italien des affaires internationales, a qualifié l'approche de Trump d'« impérialiste cohérente », ajoutant qu'elle normalise un comportement similaire de Poutine et Xi Jinping. Les actions de Trump et Poutine sont vues comme se renforçant mutuellement, l'OTAN ressemblant à un racket de protection boostant les ventes d'armes américaines. Les contre-mesures proposées incluent des sanctions sur les entreprises américaines, l'expulsion de troupes américaines, des interdictions de voyage pour les officiels, le gel d'actifs, et même une base européenne au Groenland — idées de Bruno Maçães, Raphaël Glucksmann et Dalibor Rohac. Publiquement, les réponses sont restées muettes : le Premier ministre britannique Keir Starmer a évité de qualifier l'action au Venezuela de violation du droit international ; le président français Emmanuel Macron a déclaré : « Je ne peux pas imaginer un scénario dans lequel les États-Unis... violeraient la souveraineté danoise. » Les analystes soutiennent que cette apaisement pourrait ne pas tenir face à l'expansionnisme de Trump, poussant l'Europe à repenser son indépendance sécuritaire.