L'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier a suscité des réactions mitigées en France et en Europe. Emmanuel Macron a soutenu une transition démocratique sans condamner l'intervention, provoquant des critiques internes. Les extrêmes droites européennes, alliées de Trump, expriment un malaise face à cet impérialisme.
Le 3 janvier, une opération militaire des forces spéciales américaines à Caracas a abouti à l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores. Cette action de l'administration Trump, visant à renverser la dictature de Maduro, a rapidement divisé les sphères politiques françaises et européennes.
Le président français Emmanuel Macron a réagi le 5 janvier sur X en exprimant son soutien à une « transition pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien, débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro ». Absent de son message : toute mention du non-respect du droit international ou condamnation de la méthode brutale employée par les États-Unis. Satisfait, Donald Trump a repartagé ce communiqué sur Truth Social. Cette position a été critiquée par la gauche et une partie des élus macronistes, qui y voient une rupture avec la tradition diplomatique française, comme l'avait exprimé Jean-Noël Barrot avant la réaction du président.
La députée européenne Nathalie Loiseau (Renew) interprète cette prudence : « On a peur que Trump soit encore pire sur l’Ukraine qu’il ne l’est déjà. Et donc, pour éviter ça, on n’ose plus le contrarier sur rien d’autre », alors qu'une conférence sur le soutien à l'Ukraine se tient le 6 janvier à l'Élysée.
En Europe, les extrêmes droites trumpistes sont gênées. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, d'habitude admiratif de Trump, a déclaré le 5 janvier avec prudence : « Cela s’est produit, et nous examinons si c’est bénéfique ou non pour la Hongrie ». Il a noté que l'intérêt américain pour le pétrole vénézuélien « pourrait entraîner une baisse du prix du pétrole », sans prendre position claire. La Hongrie est le seul État de l'UE à ne pas avoir signé le communiqué européen appelant à respecter la volonté du peuple vénézuélien, Orban invoquant son refus d'une politique étrangère commune.
Au Royaume-Uni, Nigel Farage, chef de Reform UK et soutien de Trump depuis 2016, a jugé les actions américaines « non orthodoxes et contraires au droit international », ajoutant toutefois que « si elles permettaient de faire réfléchir à deux fois la Russie et la Chine, c’était alors peut-être une bonne chose ». Ces réactions révèlent les contradictions des nationalistes européens face à l'impérialisme américain.