Sénat annule audition du nominé au STF dans un différend politique

Le président du Sénat Davi Alcolumbre a annulé l'audition de Jorge Messias, nominé du président Lula à la Cour suprême fédérale, au milieu d'une querelle mesquine avec le gouvernement. Cette décision, prise le mardi (2 décembre), reflète un marchandage politique de bas étage dans le processus de nomination.

La nomination de Jorge Messias au STF, soutenue par Luiz Inácio Lula da Silva (PT), reproduit des pratiques de troc politique, selon une analyse dans Folha de S.Paulo. Le président du Sénat Davi Alcolumbre (União Brasil) revendique le poste pour son prédécesseur, Rodrigo Pacheco (PSD-MG), portant le différend à des niveaux vexatoires.

Le mardi (2 décembre), Alcolumbre a annulé l'audition prévue le 10 décembre à la Commission de la Constitution et de la Justice (CCJ) du Sénat. Cette date aurait été choisie pour empêcher le nominé de surmonter la résistance parlementaire à temps. En riposte, le Palais du Planalto n'a pas transmis les documents formels de nomination, incitant Alcolumbre à reculer.

Ce n'est pas la première tentative du genre d'Alcolumbre. Sous le gouvernement de Jair Bolsonaro (PL), il avait retardé l'audition d'André Mendonça de plus de quatre mois avant son approbation, préférant Augusto Aras, qui eut un mandat controversé à la tête du Parquet général de la République (PGR).

La Constitution exige que le Sénat examine les nominés sur leur réputation irréprochable et leurs notables connaissances juridiques. Or, des choix comme Messias et Mendonça semblent dictés par la loyauté à l'exécutif, et non par le curriculum. Le conflit actuel implique marchandage et représailles, des ministres du STF allant jusqu'à défendre des candidats lors de dîners à Brasília, une attitude jugée inappropriée.

Malgré des erreurs récentes, le STF a fait preuve d'indépendance dans des affaires comme le scandale du mensalão et la condamnation de Bolsonaro pour tentative de coup d'État. L'affaiblir pour des intérêts politiques à court terme constitue un recul durable pour les institutions démocratiques brésiliennes.

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