Le président Donald Trump a menacé le Canada d’un tarif de 100 % sur ses produits après un nouvel accord commercial avec la Chine, aggravant les tensions issues d’une récente querelle au Forum économique mondial de Davos. La menace est survenue après que le premier ministre canadien Mark Carney a critiqué les ambitions américaines d’acquérir le Groenland, incitant Trump à accuser le Canada d’ingratitude. Cet échange met en lumière les tensions croissantes entre les États-Unis et leur voisin du Nord.
Au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, cette semaine, le président Trump a annoncé un cadre pour un accord américain sur l’implication au Groenland, un territoire autonome du Danemark. L’accord vise à étendre la présence militaire américaine au-delà de la base existante de Pituffik — anciennement Thule — et à augmenter l’exploitation minière de minéraux de terres rares stratégiques essentiels pour les produits high-tech. Il renforcerait l’empreinte arctique de l’OTAN tout en limitant l’accès russe et chinois à ces ressources, répondant aux menaces antérieures de Trump d’action militaire ou d’achat du territoire. Les tensions ont culminé lorsque le premier ministre canadien Mark Carney a vivement critiqué les ambitions américaines au Groenland. Trump a réagi vivement mercredi, déclarant : « J’ai vu votre premier ministre hier. Il n’était pas très reconnaissant, mais ils devraient l’être envers nous. Le Canada existe grâce aux États-Unis. » Il a ajouté : « Souvenez-vous-en, Mark, la prochaine fois que vous ferez vos déclarations », et a évoqué des plans pour un « dôme doré » sur le sol groenlandais qui défendrait incidemment le Canada, notant : « Le Canada reçoit beaucoup de cadeaux gratuits de nous, au passage. Ils devraient être reconnaissants aussi, mais ils ne le sont pas. » Le drame de Davos s’est prolongé jusqu’au week-end. Vendredi, Carney a annoncé un accord commercial « historique et productif » avec la Chine, autorisant des véhicules électriques chinois limités au Canada avec des tarifs réduits en échange d’une assouplissement chinois des tarifs sur les exportations agricoles canadiennes comme le canola, les fruits de mer et les pois. Trump a réagi samedi via Truth Social, se moquant de Carney en le qualifiant de « gouverneur Carney » — une allusion à ses suggestions passées de faire du Canada le 51e État américain. « Si le gouverneur Carney pense transformer le Canada en ‘port de déchargement’ pour que la Chine envoie des biens et produits aux États-Unis, il se trompe lourdement », a écrit Trump. Il a averti : « La Chine va dévorer le Canada tout cru, complètement... Si le Canada conclut un accord avec la Chine, il sera immédiatement frappé d’un tarif de 100 % sur tous les biens et produits canadiens entrant aux États-Unis. » Cet épisode souligne la réserve des alliés américains envers l’administration Trump, des leaders européens comme le président français Emmanuel Macron appelant à des mesures anti-coercition contre d’éventuels tarifs américains. Les responsables danois ont noté que les négociations formelles sur le Groenland n’ont pas encore commencé, laissant les détails du cadre incertains.