Des chercheurs de l'EPFL ont développé Synthegy, un cadre d'IA qui permet aux chimistes de guider la synthèse de molécules complexes grâce à des instructions en langage simple. Le système combine des algorithmes traditionnels avec de grands modèles de langage pour évaluer et classer les voies de réaction. Il aide également à comprendre les mécanismes réactionnels, ce qui pourrait accélérer la découverte de médicaments.
La création de molécules complexes pour des médicaments ou des matériaux exige traditionnellement des années d'expertise en rétrosynthèse, où les chimistes travaillent à rebours à partir d'un composé cible pour identifier les matières premières et les itinéraires réactionnels. Synthegy, développé par une équipe dirigée par Philippe Schwaller à l'EPFL, change la donne en permettant aux chimistes de saisir des instructions en langage naturel, comme former un cycle précocement ou éviter les groupes protecteurs. Les logiciels standards génèrent des voies que l'IA note et explique ensuite afin d'assurer leur adéquation avec ces objectifs, comme le décrit un article publié dans Matter. Andres M. Bran, l'auteur principal, a déclaré : « Avec Synthegy, nous donnons aux chimistes le pouvoir de simplement parler, leur permettant d'itérer beaucoup plus rapidement et d'explorer des idées de synthèse plus complexes. » Le cadre applique un raisonnement similaire aux mécanismes réactionnels, en les décomposant en mouvements d'électrons et en évaluant leur faisabilité dans des conditions spécifiées. Dans une étude en double aveugle menée auprès de 36 chimistes ayant fourni 368 évaluations, les jugements du système concordaient avec ceux des humains dans 71,2 % des cas. Les grands modèles de langage ont excellé dans l'analyse des groupes fonctionnels et des itinéraires complets. Bran a ajouté : « Le lien entre la planification de la synthèse et les mécanismes est très enthousiasmant : nous utilisons généralement les mécanismes pour découvrir de nouvelles réactions qui nous permettent de synthétiser de nouvelles molécules. » Le National Centre of Competence in Research Catalysis et b12 Labs ont contribué à ces travaux. La référence de la revue est Andres M. Bran et al., Matter, 2026; DOI: 10.1016/j.matt.2026.102812.