Les députés du Congrès espagnol ont commencé à utiliser des outils d'IA comme ChatGPT pour effectuer des recherches, rédiger des discours et ajuster les tons, y compris les plus agressifs. Plusieurs députés de différents partis le confirment sous couvert d'anonymat, soulignant son aide face à une charge de travail importante. L'outil n'est toutefois pas utilisé lors des sessions plénières, qui sont régies par les consignes des partis.
Au Congrès des députés en Espagne, l'intelligence artificielle (IA) aide désormais aux interventions parlementaires. Un député anonyme déclare : « Je prends ChatGPT et j'y insère tous les éléments que je souhaite [...]. Ensuite, je lui demande : 'Maintenant, rends-le agressif' ». D'autres demandent des styles proches de celui de Cayetana Álvarez de Toledo. Une dizaine de députés et conseillers de divers partis l'utilisent pour des brouillons, des recherches et des publications sur X, tout en restant anonymes par crainte d'un contrecoup public ou pour des raisons d'équité. Les outils courants sont : ChatGPT, Copilot, Gemini, Rationale, DebateAI et Orai. Une députée vante son utilité face à des décrets de 700 pages : « Comment peut-on les lire et les comprendre correctement ? ». Elle note un biais favorable au PSOE, mais affirme qu'il ne faut pas diaboliser l'outil. Son usage n'est pas évident lors des plénières, dictées par les scripts des partis, mais il est présent dans les commissions. Le philosophe Daniel Innerarity explique que tout dépend de l'utilisateur : cela améliorerait Trump, mais briderait l'audace, comme celle d'un Churchill. Julio Gonzalo, de l'UNED, met en garde contre l'uniformisation des publications sur les réseaux sociaux, mais reconnaît sa valeur pour anticiper les contre-arguments. Joan Capdevila, de l'ERC, l'a utilisé ouvertement le 28 mars 2023 lors d'une motion du PP. Les députés plus jeunes l'adoptent davantage, bien que certains continuent de rédiger leurs courts discours à la main. Les conseillers l'utilisent pour les communiqués de presse. Le 18 février, en l'absence de Pedro Sánchez, une séance de contrôle du gouvernement a débattu d'une affaire policière.