Dans une chronique d’opinion du Daily Wire, Steve Forbes argue que le programme économique du président Javier Milei en Argentine équivaut à une « restauration de la liberté économique » après des décennies d’intervention étatique, mais affirme que l’élan réformateur sera mis à l’épreuve par les plans de Milei pour la dollarisation, les événements de sensibilisation des investisseurs à Miami et New York, et la manière dont l’Argentine gère les litiges juridiques à forts enjeux liés à la nationalisation de YPF en 2012.
Steve Forbes, le président et rédacteur en chef de Forbes Media, déclare que le virage de l’Argentine sous la présidence libertarienne de Javier Milei est « plus qu’un simple pivot politique », le décrivant comme une rupture morale et économique avec ce qu’il qualifie de décennies de clientélisme politique, de populisme et de politique économique dirigée par l’État. Dans la tribune publiée samedi, Forbes écrit que le gouvernement de Milei réaffirme une vision fondée sur le marché selon laquelle « la richesse est créée par les entrepreneurs, et non par les bureaucrates », et que ce tournant vers des marchés plus libres a suscité un optimisme en Argentine et parmi les observateurs ailleurs en Amérique latine. ### Dollarisation, réunions à Miami et un pitch aux investisseurs à New York Forbes dit qu’une réforme centrale que Milei n’a pas encore finalisée est le remplacement du peso argentin par le dollar américain – une idée que Milei a promue pendant sa campagne – et argue que la dollarisation aiderait à contrer l’inflation chronique de l’Argentine. Il note également que d’autres pays d’Amérique latine ont adopté le dollar. Forbes pointe des événements diplomatiques et économiques à court terme comme signaux de la capacité de l’agenda réformateur à maintenir son élan. Il écrit que Milei doit rejoindre le président américain Donald Trump à Miami ce week-end alors que plusieurs dirigeants latino-américains se réunissent pour discuter d’un agenda pro-croissance. Selon des informations de l’Associated Press, Trump convoque une réunion dans la région de Miami avec plusieurs dirigeants régionaux et responsables de l’administration, axée fortement sur des actions coordonnées contre les cartels de la drogue et les groupes criminels transnationaux ; la représentation argentine figure parmi les pays participants. Forbes met également en lumière un événement « Argentina Week » à New York, le décrivant comme un effort de l’administration de Milei pour mettre en valeur les opportunités d’investissement dans des secteurs incluant l’énergie, l’agriculture et la finance. ### Le litige YPF comme test de l’État de droit Un test majeur pour la confiance des marchés, argue Forbes, est la réponse de l’Argentine au jugement d’un tribunal américain dans l’affaire Petersen c. République d’Argentine, un litige découlant de la prise de contrôle de la compagnie pétrolière YPF par l’Argentine en 2012. En septembre 2023, un juge fédéral à New York a ordonné à l’Argentine de payer environ 16,1 milliards de dollars aux plaignants liés à d’anciens actionnaires minoritaires après avoir conclu que l’Argentine avait violé des engagements liés à une exigence d’offre publique d’achat déclenchée par la nationalisation de 2012. L’Argentine a fait appel et l’affaire se poursuit dans des procédures post-jugement. Forbes soutient que respecter le jugement rassurerait les investisseurs et signalerait la fin du risque d’expropriation, tandis qu’un refus pourrait saper les efforts de sensibilisation des investisseurs que Milei tente de bâtir. ### Soutien financier américain et étapes politiques de Milei Forbes écrit que les États-Unis ont déjà soutenu la direction de Milei par le biais d’une ligne de swap de 20 milliards de dollars. Des reportages séparés de l’Associated Press et de Reuters ont décrit une facilité de soutien monétaire de 20 milliards de dollars États-Unis-Argentine présentée par les responsables américains comme une mesure pour aider à stabiliser la situation financière de l’Argentine ; l’AP a également rapporté que l’Argentine a puisé 2,5 milliards de dollars et les a ensuite remboursés. Dans sa chronique, Forbes crédite Milei d’avoir réduit les dépenses, mis fin aux contrôles des prix et allégé la bureaucratie, tout en avertissant que le projet réformateur dépend d’une politique cohérente, de règles prévisibles et de protections plus fortes des droits de propriété. Il argue que les événements de Miami et de New York serviront d’occasions majeures pour Milei de réaffirmer ces engagements auprès des partenaires internationaux et des investisseurs.