Posséder un logement à Addis-Abeba impose de lourdes charges en raison des prêts bancaires élevés et des pressions du marché. Les acheteurs s'engagent dans des hypothèques sur 20 ans avec des paiements mensuels de 85 000 birrs, alors que des logements similaires se louent pour seulement 15 000 ou 20 000 birrs. Ce problème systémique pourrait être atténué par l'émergence d'un marché des capitaux formel.
Le rêve de posséder un logement à Addis-Abeba ressemble à une fièvre étrange qui saisit les jeunes professionnels, la diaspora de retour et les familles. Les acheteurs s'engagent dans des prêts sur 20 ans à 85 000 birrs par mois pour une maison de 5 millions de birrs, tandis que des propriétés identiques se louent pour 15 000 ou 20 000 birrs, offrant une plus grande liquidité et liberté.
Cette écart n'est pas une simple erreur de marché mais une fracture systémique due à l'envolée des coûts de construction causée par des goulets d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement, une production locale limitée et une dépendance aux importations. Les prix du ciment, de l'acier et des équipements sanitaires semblent détachés de la réalité. Les banques imposent des taux de prêt irrationnellement élevés pour atténuer les risques, transformant les remboursements en service de la dette perpétuel plutôt qu'en réduction du capital.
Les logements sont vus non comme des abris mais comme des véhicules d'investissement en l'absence d'un marché des capitaux éthiopien mature pour les actions et les obligations. Cette demande spéculative perpétue un cycle qui stimule la construction, gonflant les coûts des matériaux et élevant le logement au statut de luxe plutôt que de besoin fondamental.
L'avènement d'un marché des capitaux formel, offrant des actions, des titres gouvernementaux et des obligations d'entreprises, pourrait rompre cela en fournissant des alternatives pour l'épargne contre l'inflation et la dévaluation. Il permettrait des investissements dans la fabrication, la technologie et l'agriculture, redirigeant des milliards bloqués dans l'immobilier spéculatif vers des secteurs productifs comme les startups et les usines.
En fin de compte, ce changement recalibre le rêve de propriété immobilière, le séparant des pressions d'investissement. Comme l'écrit Befikadu Eba, cela pourrait libérer les familles de la dette et favoriser une économie plus diversifiée, transformant l'horizon de monuments spéculatifs en symboles de progrès sociétal.