Un Canadien, faisant face à 14 chefs d'accusation de meurtre pour avoir vendu des substances mortelles en ligne, a accepté de plaider coupable d'incitation ou d'aide au suicide. En échange, les procureurs abandonneront les accusations de meurtre. L'affaire revient devant le tribunal de Newmarket, en Ontario, lundi.
Kenneth Law, un ancien chef cuisinier de la région de Toronto, plaidera coupable aux accusations d'aide au suicide, a confirmé son avocat Matthew Gourlay à l'Associated Press. En contrepartie, les procureurs canadiens prévoient de retirer les 14 chefs d'accusation de meurtre pesant contre lui. La Société Radio-Canada a rapporté l'accord de plaidoyer en premier. Law est en détention depuis son arrestation par la police à son domicile de Mississauga en mai 2023. La police canadienne allègue que Law gérait des sites web vendant du nitrite de sodium, une substance utilisée pour la conservation de la viande qui peut être mortelle si elle est ingérée. Ils affirment qu'il a expédié au moins 1 200 colis à des acheteurs dans plus de 40 pays. Les autorités aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Italie, en Australie et en Nouvelle-Zélande ont ouvert des enquêtes connexes. La National Crime Agency britannique a identifié 232 acheteurs au Royaume-Uni sur les sites de Law au cours des deux années se terminant en avril 2023, dont 88 sont décédés. Au Canada, les victimes présumées étaient des hommes et des femmes âgés de 16 à 36 ans. Bien que le suicide assisté soit légal au Canada depuis 2016 pour les adultes de 18 ans et plus atteints de maladies graves — par l'intermédiaire de médecins — il demeure illégal d'inciter ou d'aider au suicide en dehors de ce cadre. L'incitation au suicide est passible d'une peine maximale de 14 ans selon le Code criminel canadien, comparativement à la prison à vie pour meurtre, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.