Celso de Mello appelle à l’unité du STF dans une interview pour son 80e anniversaire

Le juge à la retraite du STF Celso de Mello fête ses 80 ans et, dans une interview accordée à Folha, insiste sur la nécessité d’une cohésion interne au sein de la cour pour contrer les attaques externes. Il défend les décisions de la Cour suprême dans le procès du complot visant à renverser le gouvernement qui a condamné Jair Bolsonaro et réaffirme l’indépendance du tribunal face aux pressions étrangères. Mello note que aucun pouvoir ne survit à la désunion de ses membres.

Celso de Mello, né à Tatuí (SP), a été nommé au STF par le président José Sarney en août 1989 et a servi pendant 31 ans jusqu’en octobre 2020. Son mandat a été marqué par des décisions emblématiques, notamment la criminalisation de l’homophobie, l’avortement pour les fœtus anencéphales, l’approbation de la Marche de la Marijuana, et l’établissement du principe d’insignifiance en 2004.

Dans une interview écrite accordée à Folha à l’occasion de son 80e anniversaire le 1er novembre 2025, Mello déclare que le premier devoir des ministres est de « préserver la cohésion interne, la confiance réciproque et le respect mutuel qui soutiennent la légitimité du tribunal ». Il met en garde : « Aucun pouvoir ne survit à la désunion de ses membres ».

L’ancien juge loue la gestion par le STF du procès de la tentative de coup d’État qui a condamné Jair Bolsonaro (PL), notant que la cour a réaffirmé les valeurs de l’État de droit démocratique. Sur la conduite du ministre Alexandre de Moraes, Mello dit qu’il a agi « dans le respect des limites constitutionnelles et légales », en observant le due process et la pleine défense.

Face aux attaques étrangères, telles que celles du gouvernement américain de Donald Trump contre les juges du STF, Mello insiste sur le fait que le tribunal doit maintenir la souveraineté nationale : « La Cour suprême ne plie pas : elle soutient, avec dignité, la souveraineté de la Constitution et des lois de la République ». Il souligne que l’insatisfaction publique de certains secteurs ne mine pas la légitimité judiciaire, car le STF tire son autorité de la Constitution, et non de la volonté majoritaire.

Mello aborde également la pression médiatique dans des affaires de grande envergure comme le mensalão, affirmant que les juges doivent trancher avec sérénité et indépendance. Il cite le ministre Alexandre de Moraes : « La liberté d’expression n’est pas la liberté d’agression. La liberté d’expression n’est pas la liberté de détruire la démocratie ».

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