Le sommet climatique COP30 à Belém, au Brésil, est entré dans les heures supplémentaires faute d'accord sur la sortie des combustibles fossiles. Le nouveau projet de décision manque d'engagements clairs sur le charbon, le pétrole et le gaz, suscitant de vives critiques de pays comme l'Allemagne et d'ONG environnementales. Les négociateurs mettent en garde contre un sommet qui se terminerait sans résultats.
La COP30 à Belém, au Brésil, devait se conclure vendredi à 18 heures heure locale, mais les discussions ont été prolongées. Le différend central porte sur les combustibles fossiles : plus de 80 États, dont l'Allemagne, exigent une feuille de route pour la sortie du charbon, du pétrole et du gaz. Le nouveau projet de décision de sept pages évoque la limite de 1,5 °C et la nécessité de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, mais ne mentionne pas une seule fois « fossile » et n'inclut pas une telle feuille de route.
Le ministre allemand de l'Environnement Carsten Schneider (SPD) a déclaré que le projet est « loin d'être suffisant » et « ne peut pas rester ainsi ». « Il y aura des négociations difficiles », a-t-il dit, en soulignant : « La Terre a besoin de mesures concrètes : développer les renouvelables, sortir des fossiles. » La commissaire européenne au Climat Wopke Hoekstra a averti : « Ce qui est sur la table maintenant est inacceptable », et n'a pas exclu une fin « sans accord ». « Nous faisons face à un scénario sans accord. »
Une trentaine d'États, dont l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et la Colombie, ont menacé dans une lettre jeudi de rejeter toute décision sans plan de sortie. « Sous sa forme actuelle, la proposition ne répond même pas aux conditions minimales pour un résultat crédible de la COP », y dit-on. La ministre française de la Transition écologique Monique Barbut a identifié les producteurs de pétrole comme la Russie, l'Inde et l'Arabie saoudite comme principaux bloqueurs, rejoints par certains pays en développement. Les pays en développement critiquent aussi les dispositions sur le financement climatique.
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva avait proposé une sortie mais a ensuite insisté pour qu'elle se fasse selon les « capacités », sans délais. Le président de la COP30 André Corrêa do Lago a exhorté : « Cela ne doit pas être une question qui nous divise. Nous devons parvenir à un accord. » Des groupes environnementaux comme Greenpeace, WWF et Oxfam voient dans le projet un « échec politique » et un cynique dédain pour le débat. Martin Kaiser de Greenpeace a dit : « Il ignore de manière cynique le débat principal des deux dernières semaines. » Viviane Raddatz de WWF a exprimé sa déception mais noté qu'« il reste du temps » pour des améliorations. Jan Kowalzig d'Oxfam a averti d'un échec.
Les discussions ont été interrompues jeudi par un incendie qui a entraîné l'évacuation du lieu. Vendredi, la police a signalé des irrégularités sécuritaires, y compris des entreprises illégales. Aucune COP ne s'est terminée à l'heure depuis 2003 ; les experts s'attendent à des négociations jusqu'à samedi. Les décisions requièrent un consensus parmi environ 190 États.