L'épidémie de jeu d'argent met en péril les allocations Sassa en Afrique du Sud

Une crise croissante du jeu en Afrique du Sud met en danger les allocations sociales pour des millions de ménages vulnérables. Les paris en ligne prédateurs exploitent les individus désespérés, transformant les fonds essentiels de survie en dettes. Les experts mettent en garde contre des coûts sociétaux graves sans régulation urgente.

En Afrique du Sud, où plus de 8,9 millions de ménages sur 19 millions dépendent des allocations sociales, le jeu d'argent est apparu comme une force prédatrice. Pour Sipho, âgé de 22 ans, la curiosité s'est transformée en obsession alors qu'il jouait son allocation mensuelle de 350 rands de l'Agence sud-africaine de sécurité sociale (Sassa), empruntait à des amis et sombrait dans le désespoir. Son histoire reflète un schéma national, avec des publicités clignotantes et des pop-ups ciblant ceux qui ont peu à perdre.

Le coût sociétal fait écho aux expériences en Suède, où le jeu a coûté 1,42 milliard d'euros en 2018, soit 0,3 % du PIB – plus du double des recettes fiscales générées. En Afrique du Sud, l'industrie a contribué 4,8 milliards de rands en impôts, mais ses coûts totaux restent inconnus. Les données suédoises montrent que les coûts indirects comme la perte de productivité et le chômage représentent 59 %, les dommages émotionnels et sociaux 28 %, et les dépenses directes telles que les soins de santé et le conseil en dettes 13 %. Les troubles liés au jeu augmentent le risque de suicide de 15 fois, et 18,2 % des Suédois ont été affectés en tant que « personnes significatives préoccupées » par les addictions des autres.

Les défis de l'Afrique du Sud amplifient ces risques au milieu de la pauvreté, des inégalités et du chômage élevé chez les jeunes. Les bénéficiaires d'allocations parient souvent l'argent pour la nourriture ou de petites indemnités dans l'espoir de gros gains, transformant l'espoir en dette. « Chaque jour que le jeu continue sans régulation, nous empilons les dés contre les pauvres », met en garde l'analyse.

La prévention accuse un retard sévère : la Suède n'a dépensé que 0,5 % des coûts en interventions, tandis que l'Afrique du Sud investit encore moins. L'industrie prospère via les réseaux sociaux, les parrainages sportifs et les endorsements, contrairement aux menaces réglementées comme le tabac ou l'alcool. Les mesures proposées incluent des limites de dépôt et de perte, la surveillance des comportements risqués, des protections pour les moins de 25 ans, des couvre-feux en ligne de minuit à 6 heures du matin, des pauses obligatoires, une éducation précoce et un système de suivi des dommages pour financer le soutien.

Les projections sont stark : avec un coût sociétal par personne en Suède de 2 800 rands contre 161 rands investis, l'Afrique du Sud pourrait faire face à plus de 75 milliards de rands en coûts dans cinq ans pour les ménages dépendants des allocations. Un investissement modeste assorti nécessiterait près de 4,3 milliards de rands – des fonds non actuellement alloués à cette épidémie.

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