L'économiste et homme politique grec Yanis Varoufakis a dénoncé sa convocation par la police pour témoigner après avoir admis dans un podcast avoir essayé l'ecstasy en 1989. Les autorités l'enquêtent pour possible complicité avec des mafias de la drogue sur la base de cette anecdote. Varoufakis qualifie l'incident d'hilarant mais effrayant, avertissant d'une érosion des libertés en Europe.
Yanis Varoufakis, ancien ministre grec de l’Économie en 2015 et dirigeant du parti de gauche européen DIEM25, a été convoqué par la police grecque pour témoigner devant des agents anti-drogue. La raison tient à une confession qu’il a faite dans un vidéopodcast local intitulé Phasma, où des jeunes gens l’ont interrogé sur ses expériences avec les drogues. Varoufakis y a admis avoir essayé la marijuana et, en 1989 alors qu’il vivait à Sydney (Australie), l’ecstasy une seule fois. Le politicien a raconté avoir dansé pendant 16 heures sous ses effets, suivi d’une terrible migraine d’une semaine qui l’a dissuadé d’en reprendre. « C’était mon introduction pour faire valoir que, aussi plaisante que puisse sembler la consommation de drogue, il y a un prix à payer. Et le prix ultime est la dépendance, l’addiction, ‘la fin de la liberté’, ai-je dit avec emphase », a-t-il expliqué dans une vidéo postée ensuite sur les réseaux sociaux. Deux policiers se sont présentés à son domicile avec une citation à comparaître, l’accusant de « narcoterrorisme » et de possible « complicité avec la narcomafia ». « Ce serait hilarant si ce n’était pas effrayant », a écrit Varoufakis, soulignant que son parti ne détient actuellement aucun siège au Parlement. Cet incident fait suite à un message publié par le ministre conservateur de la Santé Adonis Georgiadis critiquant l’extrait du podcast : « Il y a des gens qui sont morts pour une demi-pastille », exprimant son agacement envers « tous ces gauchistes irresponsables qui disent la première chose qui leur passe par la tête ». Varoufakis s’en est servi pour avertir : « Sérieusement parlant, en ces temps de guerre, de génocide, d’exploitation atroce, etc., mon petit problème avec la police grecque n’a pas d’importance. Mais il en a une. Ici, en Europe, beaucoup de gens vivent encore dans l’illusion que nous avons la liberté, la rationalité et l’autonomie. Il n’en est rien. Des forces obscures sont à l’œuvre, nous poussant vers une version postmoderne du Moyen Âge. Attention donc, les gens ! Ils veulent nous ôter les derniers lambeaux d’autonomie et de liberté qui nous restent. La résistance est, littéralement, l’existence ». Ce cas illustre les tensions politiques en Grèce, où Varoufakis prône des idées comme celle de ‘technofeudalism’ dans le capitalisme actuel.