L'ex-sénateur Joël Guerriau est jugé à Paris pour avoir drogué la députée Sandrine Josso avec de la MDMA dans du champagne, dans l'intention présumée de la violer, lors d'une soirée en novembre 2023. Il nie toute intention sexuelle et affirme une erreur involontaire. La députée a témoigné émue de sa panique et de ses symptômes graves.
Le 26 janvier 2026, au tribunal correctionnel de Paris, s'est ouvert le procès de Joël Guerriau, ex-sénateur Les Indépendants de Loire-Atlantique âgé de 68 ans, pour avoir administré de la MDMA à la députée MoDem Sandrine Josso, 48 ans à l'époque des faits, afin de la violer. L'accusé, qui a démissionné du Sénat le 5 octobre dernier, encourt cinq ans de prison. Il maintient avoir agi par inadvertance lors d'un dîner amical chez lui, rue Monsieur-le-Prince dans le 6e arrondissement de Paris, le 14 novembre 2023.
Ce soir-là, Joël Guerriau invitait Sandrine Josso, élue de la 7e circonscription de Loire-Atlantique et amie de longue date sans ambiguïté sexuelle, pour fêter sa réélection au Sénat où il siégeait depuis 2011. Arrivée vers 20 heures, elle fut surprise d'être la seule invitée. Tandis qu'elle attendait au salon, l'hôte prépara en cuisine, hors de sa vue, deux coupes de champagne. Josso but quelques gorgées, notant un goût étrange. Guerriau se montra insistant pour qu'elle boive et mange, effectua des tours de magie et manipula l'éclairage de la pièce.
Après une coupe et demie accompagnée de fajitas, Sandrine Josso ressentit des palpitations cardiaques, des bouffées de chaleur et de froid, une nausée et des tremblements. Voyant l'accusé manipuler un sachet transparent dans un tiroir de cuisine, elle paniqua, prétexta un retour à l'Assemblée et quitta les lieux vers 22 heures en grande détresse, demandant à des collègues de la récupérer au Palais-Bourbon. À l'hôpital, les analyses révélèrent 388 nanogrammes par millilitre de MDMA dans son sang, une concentration élevée, aggravée par l'alcool pouvant causer des trous de mémoire.
Guerriau a expliqué son stress dû à sa dixième campagne électorale : un collègue sénateur anonyme lui avait fourni une poudre qu'il croyait être un phytomédicament euphorisant. La veille, en crise d'angoisse, il en versa dans une coupe qu'il rangea oubliée dans un placard. Lors de la soirée, il se souvint tardivement avoir servi les verres contaminés. «À aucun moment je n’ai eu conscience de la dangerosité de ce produit, Monsieur le président. Sandrine ne manifestait rien», a-t-il déclaré. Très émue, Josso a témoigné : «J’ai cru mourir», décrivant s'être «vue partir». L'audience se poursuit le 27 janvier.