Le maire RN de Fréjus, David Rachline, a été relaxé mardi 27 janvier par le tribunal de Draguignan dans une affaire de prise illégale d’intérêts. À la sortie de l’audience, il a annoncé sa candidature aux élections municipales de mars, affirmant que cette décision confirme sa probité. Il reste cependant convoqué en septembre pour une autre procédure de favoritisme.
David Rachline, maire du Rassemblement national (RN) de Fréjus dans le Var, a obtenu une relaxe le 27 janvier 2026 devant le tribunal correctionnel de Draguignan. Âgé de 38 ans, il était poursuivi pour prise illégale d’intérêts liée à sa nomination à la tête de deux sociétés d’économie mixte, Fréjus Aménagement et Gestion du port de Fréjus, entre 2017 et 2020. Ces postes lui ont permis de percevoir une rémunération supplémentaire d’environ 1 000 euros par mois. La justice lui reprochait d’avoir participé aux délibérations du conseil municipal validant ces nominations, souvent par votes à main levée, sans quitter la salle.
À l’audience du 30 septembre précédent, M. Rachline avait défendu son action : « Je n’ai jamais voulu faire de pression particulière », avait-il assuré, expliquant faire confiance au directeur des services municipaux pour l’alerter sur les conflits d’intérêts. « Tout est public, il n’y a rien de caché », avait-il ajouté, insistant agir « uniquement dans l’intérêt de Fréjus ».
Le parquet avait requis une amende de 30 000 euros, dont 20 000 avec sursis, l’affichage de la condamnation en mairie et une inéligibilité d’un an avec sursis. Le tribunal a prononcé la relaxe, et le parquet dispose de dix jours pour faire appel.
À la sortie, M. Rachline s’est réjoui : « Je me bats depuis plusieurs mois pour défendre mon honnêteté, ma probité. Aujourd’hui, elle est clairement avérée. Et j’en suis très heureux. C’est dans ce cadre, d’ailleurs, que je me lance dans cette campagne électorale [des municipales], de la manière la plus sereine qui soit. »
Figure montante du RN, conseiller municipal à 20 ans, maire et sénateur à 26 ans, et directeur de campagne de Marine Le Pen en 2017, M. Rachline a vu sa position affaiblie. En décembre 2025, il a démissionné de son poste de vice-président du parti après une garde à vue pour favoritisme. Il est convoqué le 22 septembre avec des collaborateurs pour des soupçons d’attribution irrégulière de marchés publics à une société de sécurité liée à un proche.
En 2023, le livre Les Rapaces de Camille Vigogne Le Coat l’a accusé d’arrangements avec un entrepreneur local du BTP, qualifiés de « pures inventions » par M. Rachline, qui poursuit la journaliste. Le Parquet national financier a ouvert une enquête pour corruption.