Lors du procès en appel des assistants parlementaires européens du Front national, Fernand Le Rachinel, premier prévenu entendu, a affirmé ne pas avoir su que les contrats étaient illégaux. L'ancien eurodéputé de 83 ans a expliqué que ses assistants travaillaient effectivement, mais pas dans les bonnes structures. Il a reconnu que Jean-Marie Le Pen décidait des recrutements.
Le procès en appel des assistants parlementaires européens du Front national (FN) a repris son troisième jour avec l'audition de Fernand Le Rachinel, l'imprimeur historique du parti et ancien membre de son bureau politique jusqu'en 2008. Ami proche de Jean-Marie Le Pen, cet homme de 83 ans a été élu au Parlement européen à deux reprises : de 1994 à 1999, puis de 2004 à 2009. C'est cette dernière période qui lui vaut aujourd'hui une condamnation en première instance, en 2025, à deux ans de prison avec sursis, 15 000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité.
Arrivé à Strasbourg en novembre 1994 pour remplacer Chantal Simonot, Le Rachinel a signé dès le 1er novembre un contrat d'assistance parlementaire avec Micheline Bruna, secrétaire particulière de Jean-Marie Le Pen à Montretout, dans les Hauts-de-Seine. Un second contrat, tout aussi fictif, a été conclu en janvier 2005 avec Thierry Légier, garde du corps du président du FN. « Ils ne travaillaient pas pour moi, c’était Jean-Marie Le Pen qui décidait, je n’intervenais pas pour les recrutements », a-t-il admis lors de son interrogatoire.
Malgré son âge avancé et une apparente surdité, Le Rachinel s'est présenté tiré à quatre épingles. Son avocat l'a décrit comme « bavard », mais il a répondu de manière laconique. Il a insisté : ses assistants « travaillaient vraiment, mais pas dans les bonnes cases », et il ne voyait pas le problème. Le procès concerne au total 12 prévenus.