Malgré la condamnation définitive de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs, le Rassemblement national (RN) n'interdit pas à ses porte-parole de participer à ses émissions sur CNews. Matthieu Valet, porte-parole du parti, est apparu jeudi sur le plateau de l'animateur, au lendemain de l'arrêt de la Cour de cassation. Le parti laisse ses membres libres de choisir.
La Cour de cassation a rejeté mercredi 14 janvier le pourvoi de Jean-Marc Morandini, confirmant sa condamnation pour «corruption de mineurs» prononcée en 2022 et validée en appel en 2025. Quelques heures après cette décision définitive, CNews a annoncé le maintien de l'animateur à l'antenne, malgré les accusations de délit sexuel.
Malgré cela, le Rassemblement national n'a émis aucune interdiction à ses élus. En 2022, Marine Le Pen avait promis : «Élue présidente de la République, je ferai de la nation la protectrice des enfants maltraités». Pourtant, les responsables RN ont continué à fréquenter les plateaux de Morandini, invoquant initialement la présomption d'innocence. Ils avaient laissé entendre qu'ils cesseraient en cas de condamnation définitive, mais cela n'a pas été le cas.
Le jeudi 15 janvier, Matthieu Valet, porte-parole du RN, député européen et candidat aux municipales à Lille, a passé une heure à discuter d'immigration et d'insécurité avec l'animateur condamné. Ancien policier, Valet n'a pas répondu aux sollicitations du Monde. Victor Chabert, responsable de la communication du parti, a confirmé que les porte-parole sont libres de participer à ces émissions.
Cette décision du RN soulève des questions sur la cohérence de sa position face aux affaires de maltraitance envers les mineurs, alors que le parti se positionne comme défenseur des enfants.