Le régulateur audiovisuel Arcom a remis en cause l’étude de Reporters sans frontières (RSF) sur le pluralisme de CNews, utilisée dans l’émission «Complément d’enquête» de France 2. Selon Arcom, aucune violation des règles n’a été observée en mars 2025. Des animateurs de CNews ont critiqué l’enquête comme biaisée.
Mercredi, Reporters sans frontières (RSF) a publié une enquête sur CNews, chaîne détenue par Vincent Bolloré. L’ONG a analysé 700 000 bandeaux sur un mois et conclu que la chaîne trichait sur les règles d’équilibre politique pour favoriser l’extrême droite, via des «rattrapages nocturnes» donnant une illusion de pluralisme.
Le jeudi soir, l’émission «Complément d’enquête» sur France 2, dirigée par Tristan Waleckx et préparée en huit mois, s’est appuyée sur cette étude pour approfondir les accusations. Un acteur médiatique a qualifié l’opération de «cousu de fil blanc».
Cependant, l’Arcom a contesté ces conclusions. «Il n’y a pas de contournements des règles du pluralisme politique sur le mois de mars 2025 sur CNews, et s’il y en avait eu, nous les aurions identifiés et nous serions intervenus», a déclaré le régulateur avant la diffusion.
Vendredi 28 novembre, Pascal Praud, animateur de CNews, a réagi dans «L’heure des pros». Il a qualifié l’étude RSF de «manifestement bidon» avec des «paramètres de jugement biaisés», ironisant sur les révélations comme son admiration pour Nicolas Sarkozy ou l’absence de lien entre immigration et insécurité. Praud a critiqué les 4 milliards d’euros annuels du service public audiovisuel, questionnant sa privatisation.
Mathieu Bock-Côté, éditorialiste sur CNews depuis 2021 et successeur d’Éric Zemmour, a jugé l’émission comme un simple procès de la ligne éditoriale, sans preuves de fabrication frauduleuse d’information. Il attribue le succès de CNews à sa couverture de réalités niées ailleurs.