Une enquête de « Cash investigation » diffusée sur France 2 le 29 janvier révèle des dysfonctionnements graves dans le périscolaire parisien, incluant des alertes ignorées sur des comportements suspects d'animateurs. Plusieurs candidats à la mairie de Paris expriment leur stupeur et exigent des enquêtes et réformes. Le ministre de l'Éducation annonce des signalements à la justice.
L'émission « Cash investigation » de France 2, diffusée le jeudi 29 janvier, a mis en lumière des problèmes systémiques dans le périscolaire parisien, où plus de cinq millions d'enfants sont accueillis quotidiennement. Les témoignages soulignent des rémunérations faibles, des temps partiels imposés et des emplois du temps fragmentés pour les animateurs, ainsi qu'un manque de cadre pour le recrutement. Des parents rapportent que leurs signalements sur des comportements suspects n'ont pas été traités, avec des exemples comme une animatrice embrassant un enfant sur la bouche dans une école maternelle du 7e arrondissement.
Rachida Dati, maire LR du 7e et candidate à la mairie, a qualifié ces images de « comportements inacceptables » et dénoncé une « omerta » ainsi que des « dysfonctionnements systémiques ». Elle réclame une enquête globale, un plan d'urgence contre les agressions et une refonte des activités municipales.
Sophia Chikirou, candidate LFI, a déposé une proposition de résolution pour une enquête parlementaire, interrogeant : « Qui sont les responsables ? Pourquoi les alertes n’ont-elles jamais été suivies d’effet ? ».
À l'école maternelle Baudin du 11e, un ex-animateur sera jugé en mai pour agression sexuelle sur cinq enfants. Patrick Bloche, premier adjoint, admet un « dysfonctionnement majeur dans le cheminement du signalement ».
Emmanuel Grégoire, candidat de l'union de la gauche hors LFI et député PS, exprime « choc et colère » face à ces « situations de violence insupportables » et « manquements inadmissibles ». Victime d'abus périscolaires dans son enfance, il appelle à revoir procédures, contrôles et culture institutionnelle.
Le vendredi, le ministre de l'Éducation Édouard Geffray annonce sur X des signalements à la justice via l'article 40 du code de procédure pénale, et engage contrôles et sanctions administratives : « Une seule ligne : ne rien laisser passer ». Ces révélations interviennent avant les municipales des 15 et 22 mars.