Près de 3000 personnes ont été écartées des secteurs de la protection de l'enfance et de l'accueil du jeune enfant par la généralisation du système de vérification des antécédents judiciaires en octobre, a annoncé mardi la Haute-Commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry. «On a déjà écarté 2980 personnes au sein de la Protection de l'enfance et de l'accueil du jeune enfant. Nous vérifions tout le stock des professionnels et bénévoles», a-t-elle déclaré à l'AFP. Plus de 650 000 attestations d'honorabilité ont été délivrées.
La Haute-Commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry a révélé mardi que 2980 individus ont été écartés des secteurs de la protection de l'enfance et de l'accueil du jeune enfant suite à la mise en place généralisée en octobre de l'attestation d'honorabilité. Ce document certifie l'absence de condamnations au casier judiciaire ou d'inscriptions au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS) empêchant l'exercice auprès de mineurs. Les contrôles se poursuivent sur l'ensemble des professionnels et bénévoles, comme les personnels des foyers, assistants familiaux, crèches et assistants maternels, qui doivent fournir ce document lors de l'embauche et régulièrement par la suite.
«Il ne faut pas être naïf: ces gens-là vont aller où? Dans les hôpitaux, auprès des personnes handicapées, ils vont aller dans des zones où le contrôle n'existe pas ou est moins efficace», a averti Sarah El Haïry, soulignant le risque de rediffusion de ces profils dans d'autres secteurs vulnérables. Le dispositif a été étendu en décembre aux demandeurs d'agrément pour l'adoption et le sera au cours du premier semestre aux instituts médico-éducatifs (IME) accueillant des enfants handicapés.
Un employeur peut licencier un salarié en contact avec des enfants s'il est interdit d'exercer, précise la Haute-Commissaire. Cependant, cette vérification ne couvre pas les vacataires ou intérimaires dans les écoles maternelles ou primaires. Récemment, une série de plaintes a visé des animateurs d'écoles à Paris pour violences sexuelles en milieu périscolaire, incluant la détention d'images pédocriminelles.
La Cnape, fédération de 180 associations gestionnaires de services de protection de l'enfance, s'est dite «très satisfaite» de ce dispositif. «C'est simple et a permis d'écarter des personnes en emploi depuis longtemps parfois», a indiqué son directeur général Pierre-Alain Sarthou à l'AFP. Il a salué la simplicité du processus, avec un QR Code vérifiable en minutes, et plaidé pour une extension au secteur du handicap, notamment pour ceux transportant les enfants. Parmi les motifs d'inscription au FIJAIS figure la détention d'images pédocriminelles, avec une proportion importante de passage à l'acte.