Une trentaine d'écoles maternelles et élémentaires à Paris, dont une dizaine dans le 11e arrondissement, sont touchées par des plaintes pour agressions sexuelles commises majoritairement par des animateurs périscolaires. Plus de 50 agents ont été suspendus ces trois dernières années pour de tels signalements. Les parents expriment leur peur et leur frustration face à la multiplication des cas.
Dans le 11e arrondissement de Paris, le scandale des agressions sexuelles par des animateurs périscolaires s'étend à plusieurs écoles maternelles, semant la panique chez les parents. Laura*, mère d'un garçon de 4 ans scolarisé à l'école Servan, confie : « Je ne cesse de me demander si mon fils a pu côtoyer cet animateur. » Le 21 novembre, une nouvelle plainte a été déposée pour une agression sur une fillette de 3 ans dans cette même école, s'ajoutant à celles concernant les écoles Bullourde, Alphonse-Baudin, Titon et Parmentier.
Selon le parquet de Paris, une trentaine d'établissements parisiens sont concernés, avec une dizaine dans le 11e. Ces trois dernières années, plus de 50 animateurs ont été suspendus pour violences sexuelles sur mineurs, et depuis le début de l'année, 52 l'ont été, tandis que 15 enquêtes judiciaires ont été ouvertes. La cheffe du parquet des mineurs, Lisa-Lou Wipf, a confirmé une « très nette » augmentation des signalements.
La réponse de la mairie de Paris a suscité l'indignation. Le premier adjoint en charge de l'éducation aurait déclaré : « Ne vous inquiétez pas, on est dans la moyenne des statistiques nationales », selon Inès de Raguenel, vice-présidente du groupe Changer Paris (LR). « Je me suis dit qu’ils étaient totalement hors sol », dénonce-t-elle, ajoutant que les parents se sentent « méprisés et abandonnés », comme l'exprime la présidente du collectif SOS Périscolaire.
Rachida Dati, ministre de la Culture et candidate à la mairie de Paris, interpelle l'équipe d'Anne Hidalgo depuis 2013, époque de la réforme des rythmes scolaires qui a conduit à un recrutement hâtif sans critères stricts au-delà d'un casier judiciaire vierge. Elle propose : « Il ne faut plus qu’un animateur, ni aucun autre agent, puisse se retrouver seul avec un enfant. » Les parents de près de 70 enfants sont impliqués dans ces plaintes, soulignant l'urgence d'une réforme du périscolaire parisien.