Le procès en appel de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires du FN s'est ouvert le 13 janvier 2026 à Paris. Condamnée en première instance à quatre ans de prison et cinq ans d'inéligibilité, la cheffe du RN a admis une possible faute involontaire sans contester l'infraction. Elle reproche au Parlement européen de ne pas avoir alerté sur les contrats litigieux.
Le 13 janvier 2026, la cour d'appel de Paris a ouvert le procès en appel de Marine Le Pen et de onze coprévenus dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national (FN), devenu Rassemblement national (RN) en 2018. L'audience, qui doit se prolonger jusqu'au 11 ou 12 février, se déroule dans la première chambre du palais de justice sur l'île de la Cité.
En première instance, le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné Marine Le Pen pour détournement de fonds publics à quatre ans d'emprisonnement, dont deux ferme sous bracelet électronique, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Cette peine l'empêche actuellement de se présenter à la présidentielle de 2027. Le préjudice pour le Parlement européen s'élève à 3,2 millions d'euros, après déduction de 1,1 million déjà remboursés.
Au premier jour, Marine Le Pen, âgée de 57 ans et députée du Pas-de-Calais, a infléchi sa stratégie de défense. Contrairement à la première instance où elle niait toute infraction, elle a déclaré : « Je n’ai aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit lorsqu’en 2004, 2009, 2014 nous avons embauché nos assistants. » Elle a ajouté : « Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu’un délit a été commis –, je veux bien l’entendre », mais a insisté sur l'absence d'intentionnalité et critiqué le Parlement européen pour ne pas avoir « joué son rôle d’alerte ».
Ses coprévenus, dont Louis Aliot, Julien Odoul, Nicolas Bay et Bruno Gollnisch, ont adopté une ligne similaire, affirmant n'avoir pas eu l'intention de commettre un délit. L'avocat du Parlement européen, Patrick Maisonneuve, a noté cette « évolution » de la défense, surpris par cette admission partielle après une contestation initiale.
Cette affaire porte sur un système présumé entre 2004 et 2016, où des fonds européens destinés aux assistants parlementaires auraient financé des salariés du parti en difficulté financière. La décision de la cour, attendue en juin, sera cruciale pour l'avenir politique de Marine Le Pen, qui pourrait devoir céder la place à Jordan Bardella si l'inéligibilité est confirmée.