Le rappeur des Fugees, Pras Michel, tente de surseoir à sa peine de 14 ans de prison pendant qu'il fait appel de ses condamnations pour complot, blanchiment d'argent et lobbying illégal. Son équipe juridique argue que le procès a impliqué une influence indue sans précédent sur le jury, justifiant un examen avant l'incarcération. La motion met en lumière plusieurs erreurs alléguées qui ont compromis l'équité de la procédure.
Pras Michel, membre fondateur des Fugees, a été condamné en 2023 pour plusieurs chefs d'accusation liés à son implication dans des schémas financiers associés au scandale 1MDB. Les accusations provenaient d'un acte d'accusation de 2019 pour quatre chefs liés à des contributions illégales à la campagne de réélection de Barack Obama en 2012. En 2021, des accusations supplémentaires ont été ajoutées, incluant fraude bancaire, subornation de témoins, violations du Foreign Agents Registration Act et agissement en tant qu'agent non enregistré pour la République populaire de Chine.
L'affaire portait sur les liens de Michel avec le financier malaisien Low Taek Jho, accusé d'avoir détourné 4,5 milliards de dollars de 1Malaysia Development Berhad. Les procureurs ont allégué que Michel a facilité le transfert de fonds de 1MDB pour influencer l'administration Trump afin d'arrêter les enquêtes sur Low et un dissident chinois. Réfléchissant aux retombées, Michel a déclaré dans une interview en 2023 : « Quel bénéfice aurais-je à enfreindre la loi ? Ça n'en vaut pas la peine pour moi. Je suis comme un paria maintenant. J'ai des amis qui ne me parlent plus parce qu'ils pensent qu'il y a un satellite en orbite qui les écoute. »
Après la condamnation, Michel a demandé un nouveau procès, affirmant que son ancien avocat, David Kenner, avait utilisé l'IA pour rédiger les plaidoiries finales, mais la demande a été rejetée. Désormais, dans une motion de mise en liberté sous caution en attendant l'appel déposée le vendredi 20 décembre 2024, ses avocats soutiennent que l'appel soulève des « questions substantielles » sur des erreurs du procès. Ils pointent les références répétées du juge à Michel comme co-conspirateur – au moins huit fois – et des décisions sur des exceptions à la rumeur faites en présence du jury comme préjudiciables.
Une plainte majeure concerne le témoignage de l'agent du FBI Robert Heuchling, qui aurait fourni un aperçu inapproprié et opiné sur la culpabilité de Michel au moins 25 fois. Le dépôt décrit cela comme l'« exemple le plus flagrant » d'influence sur le jury, déclarant : « Ni la Cour d'appel de D.C. ni aucune autre cour d'appel n'a jamais été confrontée à ce degré extraordinaire d'influence indue sur le jury, qui semble sans précédent. »
La porte-parole de Michel, Erica Dumas, a souligné les enjeux : « Ce n'était pas un procès équitable. C'était une coronation de culpabilité. Nous sommes confiants que la cour d'appel reconnaîtra ce cas pour ce qu'il est, un procès sans précédent qui nie le droit constitutionnel de Pras à un jury impartial. »
Une réussite en appel pourrait mener à un nouveau procès, à l'annulation de la plupart des chefs ou à une peine réduite plus courte que la durée de l'appel.