Le maire RN de Fréjus, David Rachline, sera jugé le 22 septembre 2026 pour favoritisme, a annoncé le procureur de Draguignan le 19 décembre. Cette affaire judiciaire s'ajoute à d'autres enquêtes sur sa gestion municipale, menant à son éviction des instances du Rassemblement national le 2 décembre sous pression de Marine Le Pen.
David Rachline, élu maire de Fréjus en 2014 sous l'étiquette Front national (devenu Rassemblement national en 2018), fait face à de multiples enquêtes judiciaires. Le 19 décembre, le procureur Pierre Couttenier a révélé que Rachline et plusieurs collaborateurs, actuels ou anciens, seront poursuivis pour avoir favorisé une société de sécurité liée à un proche du maire dans l'attribution de marchés publics. Le procès est fixé au 22 septembre 2026.
Plus tôt ce jour-là, Le Nouvel Obs avait dévoilé des investigations sur la gestion de la municipalité, incluant deux jours de garde à vue pour Rachline les 24 et 25 novembre – une semaine avant son départ forcé des instances dirigeantes du RN. Marine Le Pen l'avait contraint à redevenir un simple adhérent, officiellement pour des raisons liées à une photo avec des militants néofascistes postée en octobre sur ses réseaux sociaux. Cependant, des cadres du parti évoquaient déjà des motifs judiciaires.
Ces poursuites s'inscrivent dans un contexte plus large d'affaires touchant Rachline. En 2023, la journaliste Camille Vigogne Le Coat a publié 'Les Rapaces. Enquête sur la « mafia varoise » de Marine Le Pen' (Les Arènes), exposant un système d'ententes impliquant un influent homme d'affaires du BTP local et l'élu, connu pour son train de vie élevé. Ces révélations ont conduit le parquet de Draguignan à ouvrir en janvier 2024 une enquête préliminaire pour corruption active et passive d'élu local.
Rachline, trentenaire et vitrine communale du RN, avait quitté la vie active du parti après ces enquêtes, soulignant les pressions internes et judiciaires sur les figures de l'extrême droite.