Au tribunal de Fort-de-France, deux élus de Guadeloupe ont témoigné vendredi 30 janvier dans le procès des « grands frères », accusés d'avoir organisé les émeutes de 2021. Ary Chalus, président de région, en a profité pour annoncer sa candidature à la mairie de Baie-Mahault malgré une inéligibilité. Cette audience s'est muée en tribune électorale à l'approche des municipales.
Le procès pour « association de malfaiteurs » des « grands frères » se tient depuis le 26 janvier au tribunal correctionnel de Fort-de-France, en Martinique. Treize personnes sont accusées d'avoir planifié et organisé les émeutes urbaines en Guadeloupe en 2021, incluant des barrages et l'incendie du bâtiment du service pénitentiaire d'insertion et de probation le 26 novembre 2021.
Ary Chalus, président de la région Guadeloupe, a témoigné le 30 janvier en faveur de Frédéric Dumesnil, dit « Bwana », l'un des prévenus. Ancien maire de Baie-Mahault de 2001 à 2015, Chalus a défendu son bilan et vanté la baisse de 72 % de la délinquance dans la commune, attribuant un rôle à Dumesnil. « Je connais Bwana depuis des années, c’est aussi grâce à lui que Baie-Mahault est la seule ville de France qui a pu baisser la délinquance de 72 % », a-t-il déclaré à la barre.
Malgré une condamnation en appel à deux ans d'inéligibilité en mai 2025 – pourvue en cassation –, Chalus, qui a fondé l'Alliance guadeloupéenne le 10 janvier, a officialisé sa candidature à la mairie de Baie-Mahault. Un second élu, un député du territoire, a également témoigné, dans un contexte où les déclarations de candidature se multiplient pour les élections municipales dans l'archipel. Cette superposition de judiciaire et d'électoral illustre les tensions locales à l'approche du scrutin.