Le ministre de la Cour suprême Diego Simpertigue a défendu son rôle dans des décisions liées à l’affaire biélorusse, tandis que la procureure judiciaire a suspendu le conservateur Sergio Yáber pour liens présumés. Le député Cristián Araya fait face à des accusations de réception de paiements, affectant la campagne de José Antonio Kast. Ces développements mettent en lumière des irrégularités dans un litige entre Consorcio Belaz Movitec et Codelco.
La soi-disant affaire biélorusse, enquêtée par le parquet de Los Lagos pour des pots-de-vin présumés dans un litige entre Consorcio Belaz Movitec (CBM) et Codelco, connaît de nouveaux développements. En juillet 2023, la Cour suprême a ordonné à Codelco de restituer des machines et plus de 11 milliards de dollars retenus pour le projet Rajo Inca à la Division El Salvador. Selon le ministère public, les avocats de CBM Eduardo Lagos et Mario Vargas ont versé environ 70 millions de dollars à Gonzalo Migueles, associé de l’ancienne ministre Ángela Vivanco, pour obtenir la décision favorable.
Le ministre de la Cour suprême Diego Simpertigue, qui a participé à deux votes liés (5-0 en septembre 2023 et 4-1 en mars 2022), a apporté des clarifications sur six points contestés. Il a argué qu’il ne connaissait pas les avocats des parties, rendant ainsi toute récusation inapplicable, et que ses voyages en 2023 et 2024 avec Lagos ont été organisés par leurs épouses, qui sont amies. Concernant son gendre César Maturana, qui figure sur 19 listes courtes pour des postes notariaux sans nomination, Simpertigue a nié toute influence. Dans l’affaire Fundamenta, il a voté contre le demandeur. Enfin, il a souligné que le président de la Cour assigne les membres des chambres.
Pendant ce temps, la procureure judiciaire Carla Troncoso de la Cour d’appel de San Miguel a suspendu provisoirement le conservateur de Puente Alto Sergio Yáber dans une enquête administrative ouverte le 10 novembre par la ministre María Catalina González, en raison de faits graves rapportés par la presse. Mesure susceptible d’appel devant le Plenum, elle repose sur des preuves de l’enquête, incluant des perquisitions et des dépôts d’entreprises liées à Yáber vers Migueles, totalisant 45 millions de dollars présumément distribués. Une interception téléphonique a révélé que Yáber a payé 1,7 million de dollars au député républicain Cristián Araya pour des informations contre des accusations visant un ancien ministre.
Ce lien ouvre un front dans la campagne de José Antonio Kast pour le second tour du 14 décembre contre Jeannette Jara. Depuis mercredi, l’équipe de Kast a répondu au moins quatre fois, le candidat déclarant à Arica : « ici nous ne faisons pas de défenses corporatives » et qualifiant cela de « diffamations ». Araya, frère de la cheffe de cabinet de Kast Carolina Araya, nie toute implication et se propose pour des enquêtes. Des porte-parole comme Arturo Squella et Ruth Hurtado insistent sur l’absence de preuves solides mais avertissent de sanctions internes possibles si d’autres éléments émergent. L’affaire pourrait compliquer l’agenda républicain, à l’image de controverses passées comme les bots au premier tour.