Un agriculteur à la retraite de 74 ans a été condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir écrasé un œuf sur la tête de Jordan Bardella lors d'une séance de dédicace à Moissac fin novembre 2025. Le tribunal de Montauban lui a également infligé une amende de 1 000 euros et des dommages et intérêts. Cet incident s'inscrit dans un contexte de gestes similaires commis par le prévenu par le passé.
Le 9 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, a rendu son verdict dans l'affaire impliquant un septuagénaire qui avait perturbé une séance de dédicace de Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN). L'événement s'est produit le 29 novembre 2025 à Moissac, où le retraité de 74 ans, vêtu d'un jeans, de baskets et d'un blouson bleu marine, a pris place dans la file d'attente avant d'écraser un œuf sur la tête du leader politique au moment de lui présenter un livre.
Poursuivi pour « violence sur personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité », le prévenu a exprimé des regrets lors de l'audience : « Je regrette mon geste et m'en excuse auprès de M. Bardella. C'est son parti que je visais. C'était violent, je le reconnais. » Il a toutefois justifié son acte comme un geste politique destiné à « alerter les citoyens qu'on s'endort et qu'une fois qu'ils [les représentants du RN] seront au pouvoir, il sera trop tard ». Selon lui, il s'agissait du « minimum de violence pour avertir sur un maximum de violence pour tous les Français ».
Le procureur Bruno Sauvage avait requis huit mois de prison, dont quatre ferme, soulignant que ce n'était pas une « bêtise » mais un « acte violent » et non un « acte citoyen ». Le prévenu avait déjà été condamné pour un fait similaire en juillet 2022, lorsqu'il avait jeté un œuf sur Eric Zemmour lors d'une campagne à Moissac.
L'avocat de Jordan Bardella, Charles de Luynes, a qualifié les faits de « graves », affirmant : « Quand on atteint un responsable politique, on atteint le débat politique. » Il avait demandé 1 500 euros de dédommagement, mais le tribunal a accordé 500 euros pour atteinte à l'image, plus 1 000 euros d'amende et 600 euros de frais de justice.