Malgré la décision d'Emmanuel Macron de voter contre l'accord UE-Mercosur à Bruxelles, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a annoncé jeudi une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. Il qualifie la position française de manœuvre hypocrite et tardive, dénonçant une trahison des agriculteurs. Cette annonce intervient alors que l'Union européenne s'apprête à signer l'accord malgré l'opposition française.
Le jeudi 8 janvier 2026, Emmanuel Macron a annoncé que la France voterait contre la signature de l'accord commercial UE-Mercosur lors de la réunion des ministres européens à Bruxelles le vendredi suivant. Dans un communiqué, le président a pris acte d'un «rejet politique unanime» en France, tout en reconnaissant des «avancées incontestables» dans les négociations. «La France est favorable au commerce international, mais l’accord UE-Mercosur est un accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes», a-t-il déclaré. Il a informé directement Ursula von der Leyen de cette position lors d'un appel téléphonique jeudi après-midi.
Malgré cela, la France ne pourra pas empêcher la signature de l'accord. Avec le ralliement de l'Italie de Giorgia Meloni, les partisans du traité disposent d'une majorité qualifiée au Conseil de l'UE. Von der Leyen prévoit de parapher l'accord lundi au Paraguay, comme indiqué dans plusieurs sources. Les opposants, incluant la France, la Pologne, la Hongrie et l'Irlande, n'ont pas les voix suffisantes.
Face à cette décision, Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a réagi vivement sur le réseau social X. Il juge la manœuvre de Macron «aussi tardive qu’hypocrite», après des années de négociations sans défense des intérêts français. «En prétendant aujourd'hui s'y opposer [...], il tente une manœuvre de communication aussi tardive qu'hypocrite», a-t-il écrit, dénonçant une «trahison des agriculteurs français». Bardella a annoncé que le RN déposerait deux motions de censure : une à l'Assemblée nationale contre le gouvernement Lecornu, et une au Parlement européen contre la Commission von der Leyen.
Cet épisode cristallise les tensions autour du Mercosur, perçu comme une menace pour l'agriculture française en raison de ses normes environnementales et sanitaires plus laxistes. Les agriculteurs français, en colère, voient dans cet accord un risque pour leur souveraineté alimentaire, amplifiant la crise agricole en cours en 2026.