Les agriculteurs français ont manifesté à Paris avec 350 tracteurs contre l'accord Mercosur, les revenus et les normes. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a répondu par un plan d'urgence agricole. Pendant ce temps, les paysans sud-américains accueillent favorablement le traité.
Moins d’une semaine après une première manifestation, les agriculteurs ont récidivé ce mardi 13 janvier 2026 à Paris. Une file de 350 tracteurs, venus d’Île-de-France et des régions voisines, a cheminé de la porte Dauphine aux Champs-Élysées jusqu’à l’Assemblée nationale dans la nuit noire. Cette mobilisation porte sur l'opposition à l’accord de libre-échange UE-Mercosur, les bas revenus et les normes européennes.
La manifestation a rapidement porté ses fruits. Après une rencontre à Matignon avec les responsables de la FNSEA en début d’après-midi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé des mesures. « J’ai demandé à la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, de préparer pour le Salon de l’agriculture une loi d’urgence agricole autour de plusieurs priorités : eau, prédation, moyens de production », a-t-il indiqué sur X, précisant qu’un texte sera voté avant l’été. Un moratoire sur certaines normes a également été évoqué.
Cet accord, négocié depuis plus de 25 ans, fait l’objet d’une opposition résolue des agriculteurs européens. Sa signature est attendue samedi 18 janvier 2026. À l’inverse, dans les pays du Mercosur – Argentine, Brésil et alliés –, les paysans l’accueillent avec enthousiasme. Malgré les tensions idéologiques entre le libéral Javier Milei en Argentine et le socialiste Lula au Brésil, le traité représente un point de convergence économique pour ces nations sud-américaines.
Cette divergence transatlantique souligne les enjeux du commerce international pour l’agriculture, avec des perspectives d’ouverture de marchés pour les uns et des craintes de concurrence déloyale pour les autres.