Dans le sud-ouest de la France, les agriculteurs maintiennent leurs barrages contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) même pendant les fêtes de Noël. Ils organisent messes, repas partagés et parades de tracteurs pour marquer le réveillon. La contestation porte sur l'abattage systématique des troupeaux, jugé excessif par les manifestants.
Le 24 décembre 2025, la mobilisation des agriculteurs du sud-ouest de la France ne faiblit pas, malgré le réveillon de Noël. Opposés à la stratégie gouvernementale face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une épidémie apparue en Savoie cet été, ils maintiennent plusieurs barrages routiers. L'État repose sa réponse sur trois piliers : l'abattage systématique d'un troupeau entier dès un cas détecté, la vaccination et les restrictions de mouvements. Cette approche est vivement contestée par des syndicats comme la Coordination rurale et la Confédération paysanne, qui dénoncent l'abattage excessif.
À Carbonne, au sud de Toulouse sur l'A64, une tonnelle de près de 40 mètres a été installée pour abriter une messe de Noël à 21 heures, rassemblant plusieurs centaines d'agriculteurs et d'habitants locaux. Le campement y est en place depuis le 12 décembre, avec un soutien constant des riverains. À Cestas, au sud de Bordeaux sur l'A63, une quarantaine de manifestants ont partagé un réveillon « façon auberge espagnole » sous un pont d'échangeur, avec barnums, planchas, réchauds à gaz et une crèche illuminée. Un marché de producteurs et une messe étaient également prévus. À Briscous, dans les Pyrénées-Atlantiques sur l'A64, une messe de minuit était programmée à 22h30, suivie d'une parade de tracteurs à Pau le jeudi soir.
Selon la gendarmerie, la circulation reste entravée mercredi matin sur l'A63 au sud de Bordeaux, l'A64 de Toulouse à Bayonne, l'A65 à Thèze (Pyrénées-Atlantiques) et l'A75 en Lozère et Aveyron. Le ministère de l'Intérieur comptait 15 actions impliquant 140 personnes en début de soirée. Jérôme Bayle, figure de la contestation, a déclaré mardi soir après une rencontre avec le préfet de Haute-Garonne : « On va continuer à se battre, pour arriver à changer la règle sur l’abattage, amener des solutions à nos céréaliers. (...) On veut que tous ces agriculteurs qui sont dans le dur, arrivent à passer le cap de l’année 2026 ».
Benjamin Roquebert, éleveur mobilisé à Carbonne, a ajouté à l'AFP : « Malheureusement, on a un interlocuteur qui est borné, mais on est déterminé. C'est la survie de nos exploitations qui est en jeu, donc s'il faut y passer un mois, on y passera un mois ». Mardi, 72 vaches ont été abattues en Haute-Garonne après un nouveau cas à Juzet-d'Izaut, portant le bilan national à 115 foyers depuis juin. Le dernier cas majeur datait du 15 décembre dans l'Aude.