Des agriculteurs français ont bloqué des autoroutes dans le Sud-Ouest ce samedi 13 décembre pour protester contre l'abattage obligatoire de troupeaux entiers touchés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). La colère, alimentée par la douleur des éleveurs, a entraîné des blocages sur l'A64 et d'autres axes, tandis que le gouvernement défend sa stratégie sanitaire en annonçant une vaccination massive.
La mobilisation des agriculteurs contre la politique d'abattage total des troupeaux atteints de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a pris de l'ampleur ce samedi 13 décembre 2025. Les blocages ont débuté vendredi soir, avec une occupation de l'autoroute A64 à Carbonne en Haute-Garonne, point de départ d'un précédent mouvement en janvier 2024. Près de 80 tracteurs ont bloqué une portion de l'A64 entre Toulouse et Bayonne, rendant 150 km d'autoroute impraticables entre Bayonne et Tarbes.
D'autres actions ont été recensées dans le Sud-Ouest : une partie de la rocade nord de Pau, des axes autour d'Auch dans le Gers, la N20 en Ariège, et des portions de la D911 et A75 en Aveyron. Au niveau national, le ministère de l'Intérieur a compté 43 actions de blocage impliquant environ 2000 personnes dans 13 départements, avec des tensions localisées. À Pontarlier dans le Doubs, 70 agriculteurs ont manifesté devant l'ancienne permanence de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard.
La DNC, apparue en France en juin 2025, touche désormais quatre départements d'Occitanie : Pyrénées-Orientales, Ariège, Hautes-Pyrénées et Haute-Garonne, où un cas a été confirmé vendredi. La stratégie gouvernementale prévoit l'abattage des foyers affectés, des restrictions de mouvements et une vaccination d'urgence dans un rayon de 50 km. Annie Genevard a annoncé la vaccination prochaine d'un million de bovins supplémentaires et des indemnisations, affirmant que «l’abattage des bovins est la seule solution» pour contenir l'épidémie.
Les agriculteurs dénoncent cette mesure comme «absurde» et traumatique. Léon Thierry, coprésident de la Coordination rurale des Pyrénées-Atlantiques, a déclaré : «Il est hors de question que dans le massif pyrénéen on abatte des bêtes qui ne sont pas malades, qui sont saines.» Jordan Bardella a appelé à «de la souplesse et un protocole allégé», tandis que Jean-Luc Mélenchon a qualifié l'abattage systématique d'«absurde». Des mobilisations sont prévues dimanche à Vendargues, Villefranche-de-Conflent et ailleurs, sur fond de colère plus large contre le Mercosur et la PAC.