La France a demandé à l'Union européenne de reporter les échéances prévues cette semaine pour l'accord de libre-échange avec le Mercosur, estimant que les protections pour les agriculteurs ne sont pas suffisantes. Emmanuel Macron a personnellement réclamé ce délai à Ursula von der Leyen, tandis que le gouvernement insiste sur des clauses de sauvegarde et des mesures miroirs. Ce blocage intervient avant un sommet crucial au Brésil le 20 décembre.
Face à la colère des agriculteurs français, la France a intensifié son opposition à l'accord de libre-échange UE-Mercosur. Dimanche 14 décembre 2025, l'entourage d'Emmanuel Macron a indiqué que le président de la République avait demandé à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, un «report de l'examen de l'accord», constatant que «le compte n’y est pas pour protéger les agriculteurs français» et que «les exigences françaises n’ont pas été remplies».
Matignon avait précédemment annoncé que les conditions n'étaient «pas réunies pour un quelconque vote» des États membres cette semaine, entre le mardi et le vendredi. «La France demande que les échéances de décembre soient repoussées pour continuer le travail et obtenir les mesures de protection légitimes de notre agriculture européenne», a expliqué le communiqué. Un sommet du Mercosur est prévu le 20 décembre à Foz do Iguaçu, au Brésil, où von der Leyen envisageait de parapher le traité avec l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay et le Paraguay.
Avant tout vote, les Vingt-Sept attendent un scrutin au Parlement européen le 16 décembre sur des mesures de sauvegarde pour les produits agricoles comme la viande bovine, la volaille, le riz et le miel. La France exige des «clauses de sauvegarde» pour éviter les perturbations de marché, ainsi que des «mesures-miroir» sur les pesticides et l'alimentation animale, afin que les importations respectent les normes européennes. En septembre, la Commission a annoncé un «suivi renforcé» de ces produits, avec intervention en cas de déstabilisation.
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a déclaré que le texte est «pas acceptable en l’état actuel» et pose trois conditions : clauses de sauvegarde solides, mesures miroirs et contrôles sur les importations. Nicolas Forissier, délégué au Commerce extérieur, a reconnu des aspects positifs pour l'industrie mais refuse un impact négatif sur l'agriculture. Les syndicats agricoles dénoncent une concurrence déloyale due à des normes moins strictes, et des manifestations sont prévues à Bruxelles jeudi.
Si approuvé, l'accord créerait un marché de 722 millions d'habitants, favorisant les exportations européennes de voitures et vins, mais risquant d'inonder le marché de bœuf et sucre sud-américains. L'exécutif français suit de près la situation, soutenant les agriculteurs face à leurs difficultés.