L’Union européenne a reporté la signature de l’accord de libre-échange avec le Mercosur au 12 janvier au Paraguay, après l’opposition de la France et de l’Italie face aux protestations des agriculteurs. Ursula von der Leyen reste confiante sur un aboutissement rapide, tandis qu’Emmanuel Macron exige des garanties renforcées pour protéger le secteur agricole. Les manifestations se poursuivent en France et en Europe, menaçant les départs en vacances.
Négocié depuis plus de 25 ans, l’accord UE-Mercosur devait être paraphé le 20 décembre au Brésil lors d’un sommet à Foz do Iguaçu, mais le report a été annoncé jeudi soir à Bruxelles, faute d’aval d’une majorité qualifiée des États membres. La France, soutenue par l’Italie de Giorgia Meloni, a bloqué le processus, formant une minorité de blocage avec la Hongrie et la Pologne. Emmanuel Macron a salué ce délai, affirmant que «la France a obtenu le report car aujourd’hui le compte n’y est pas» et exigeant «une clause de sauvegarde robuste, réciprocité avec les clauses miroirs et contrôles efficaces sur les produits importés».
Ursula von der Leyen s’est dite «confiante» pour janvier, visant le 12 au Paraguay, comme indiqué par des sources européennes. Le Paraguay a averti que «les délais ne sont pas infinis», selon son ministre Rubén Ramírez. À Berlin, le gouvernement allemand estime la signature «acquise» d’ici deux ou trois semaines.
Les agriculteurs européens, mobilisés contre l’accord perçu comme une menace pour leurs filières (viande, sucre, soja), ont manifesté massivement jeudi à Bruxelles avec plus de 7 000 personnes et 950 tracteurs, entraînant des heurts. En France, des blocages persistent sur l’A63, A64 et autres axes, avec 93 actions recensées. Arnaud Rousseau (FNSEA) déclare : «Le sentiment que rien n’avance crée beaucoup de ressentiment». Le gouvernement, via Laurent Nuñez, appelle à la responsabilité avant Noël et refuse de nouveaux blocages, privilégiant le dialogue.
Ce traité ouvrirait les marchés mais alarme l’agriculture européenne en raison des normes moins strictes au Mercosur. Les syndicats comme la Coordination rurale voient une «pointe d’espoir» après des réunions à Matignon, mais maintiennent la mobilisation.