Faisant suite aux récents appels au report de la France et d’autres pays, l’UE a obtenu des clauses de sauvegarde supplémentaires pour l’agriculture afin de faire avancer l’accord de libre-échange longtemps bloqué avec le Mercosur. Le Brésil presse pour une approbation rapide avant la signature prévue samedi, des réserves persistant parmi les États membres.
Face à l’opposition de pays comme la France — où les agriculteurs craignent la concurrence des importations sud-américaines à normes inférieures —, les États membres de l’UE et le Parlement européen ont conclu un compromis à Strasbourg sur des protections renforcées pour l’agriculture européenne. Ces garanties permettent une suspension temporaire des avantages tarifaires si les importations du Mercosur (du Brésil, d’Argentine, d’Uruguay et du Paraguay) augmentent de manière préjudiciable ou provoquent une chute excessive des prix pour les producteurs européens. Une enquête est déclenchée si les volumes dépassent une croissance annuelle de huit pour cent.
Les principaux produits surveillés incluent le bœuf, la volaille, le riz, le miel, les œufs, l’ail, l’éthanol, les agrumes et le sucre. La présidence danoise du Conseil de l’UE a annoncé des rapports d’impact bisannuels. Les partisans y voient la possibilité de signer samedi au Brésil, ce qui nécessite l’approbation d’au moins 15 des 27 États membres (65 % de la population de l’UE).
La France et l’Italie restent prudentes, la Pologne et l’Autriche s’opposant déjà. La position de l’Italie pourrait s’avérer décisive. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a averti mercredi : « Si nous ne le faisons pas maintenant, le Brésil ne conclura pas d’accord pendant ma présidence » après 26 ans de négociations.
L’accord promet une zone de libre-échange pour plus de 700 millions de personnes, contre le protectionnisme. Les critiques soulignent les risques pour les agriculteurs européens et la déforestation sud-américaine. Bernd Lange, des SPD, s’en est félicité : « Le commerce ouvert et une forte protection de l’agriculture européenne ne s’excluent pas mutuellement. » L’acceptation formelle est attendue prochainement.